Affaire des 172 kg de kif : Un Marocain condamné

Huit mis en cause, dont un ressortissant marocain, ont comparu devant le tribunal criminel de première instance de la Cour d’Oran. Ils devaient répondre des chefs d’inculpation de trafic de stupéfiants au sein d’une organisation criminelle organisée, de blanchiment d’argent et, aussi pour le ressortissant marocain, d’entrée illégale sur le territoire national. Au terme des délibérations, une peine de 18 ans de réclusion criminelle a été prononcée contre ce dernier, tandis que les autres prévenus ont été acquittés.
L’affaire a débuté à la suite d’informations parvenues aux services de sécurité de Naâma faisant état de l’introduction imminente d’une importante quantité de kif traité depuis le Maroc. Ce réseau, actif au niveau de cette wilaya, était en relation directe avec un fournisseur marocain. Ce dernier devait contacter ses complices algériens pour fixer un rendez-vous à Tlemcen, où l’un des membres de l’organisation devait récupérer une puce téléphonique afin de recevoir les instructions logistiques des barons marocains. L’informateur a également fourni l’identité de ce contact, un dénommé Brahim, qui utilisait le pseudonyme de Hamid.
Le 31 octobre 2024, l’enquête ouverte par les services de sécurité a débouché sur la mise en place d’un dispositif conjoint entre les douanes et les garde-frontières (GGF). Cette opération s’est soldée par l’arrestation du nommé T.S., la saisie de 172 kg de kif traité ainsi que d’un téléphone portable contenant une puce marocaine.
La poursuite des investigations a permis de localiser à Maghnia l’individu ayant réceptionné la puce à Tlemcen, le nommé Ch.M. Son arrestation a été suivie d’une perquisition à son domicile, qui s’est avérée infructueuse. Interrogé sur les puces téléphoniques saisies, il a nié les avoir acquises ou avoir fourni sa pièce d’identité à cet effet. Un troisième suspect, B.B., a été interpellé dans la foulée de l’arrestation d’un certain S.M., mais la fouille de son domicile n’a rien donné non plus.
L’instruction a néanmoins confirmé l’existence de transactions suspectes entre plusieurs mis en cause. Certains d’entre eux avaient versé une somme de 20 millions de centimes à un intermédiaire contacté sur les réseaux sociaux pour acquérir une quantité de drogue. Ils ont cependant été dupés par leurs fournisseurs : à la place des stupéfiants attendus, le colis réceptionné ne contenait que du sel.
Appelé à la barre du tribunal criminel, le ressortissant marocain a reconnu l’intégralité des faits, affirmant avoir agi par nécessité financière. À l’inverse, les prévenus algériens ont clamé leur innocence.
Zemmouri L.

 

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