Altercation mortelle à Coralès : 20 ans de réclusion pour l’ami meurtrier
Le tribunal criminel d’appel a condamné, ce mardi, B.M. Yahia à 20 ans de réclusion criminelle pour homicide volontaire avec préméditation.
Les faits remontent au 13 août 2023, sur la plage des Corales, à Bousfer, où un différend entre deux jeunes s’est tragiquement soldé par la mort. Ce jour-là, aux alentours de 17 heures, la victime, B.A., âgée de 20 ans, passait l’après-midi à la plage en compagnie de ses amis. Selon les témoignages recueillis, une altercation a éclaté lorsqu’il s’est approché d’une table occupée par le mis en cause. Une première agression à l’arme blanche s’est alors produite : la victime a été frappée au niveau de la poitrine et du dos. Rapidement séparés par leurs amis, ces derniers ont tenté de convaincre B.A. de se rendre aux urgences. Refusant l’aide, il est resté sur place plusieurs heures.
Quelques instants plus tard, et alors que la victime n’avait toujours pas quitté les lieux, B.M. Yahia est revenu sur ses pas, armé d’un couteau. Il lui a porté un second coup mortel en pleine poitrine, avant de prendre la fuite. L’intervention rapide des gendarmes de Bousfer, alertés par le service des urgences de l’hôpital Medjebeur Tami -où la victime a été admise morte- a permis d’identifier le suspect. Ce dernier s’est rendu de lui-même aux autorités le 19 août 2023.
Lors de son interrogatoire, le prévenu a reconnu les faits, affirmant que la dispute entre lui et la victime -un ami de longue date avec qui il avait partagé sa scolarité- avait dégénéré. Il a également avoué avoir acheté le couteau, dans le but, selon lui, de «lui faire peur, pas de le tuer».
A la barre du tribunal criminel d’appel, B.M. Yahia n’a pas varié dans ses déclarations. Il a décrit une altercation verbale violente au bord de la mer : «Il a commencé à m’insulter. J’ai tenté de le calmer, mais il a continué. C’est ce qui m’a poussé à agir violemment».
Mais pour le président de la cour, la préméditation ne fait aucun doute : «Vous avez quitté les lieux, acheté une arme, puis vous êtes revenu l’attaquer. Vous aviez clairement l’intention de le tuer», a-t-il lancé à l’accusé.
Le ministère public, insistant sur la préméditation, a requis la peine maximale, considérant qu’il s’agissait d’un acte mûrement réfléchi. La défense, de son côté, a tenté de plaider les circonstances atténuantes, évoquant un geste impulsif sous l’effet de la colère.
Zemmouri L.
