Ce que j’en pense: « Chkoun ntouma »

Alors que des centaines de millions de dollars sont dépensées pour importer des stars vieillissantes du football mondial ; que d’autres millions sont gaspillés pour avoir Mariah Carey et ses sœurs sur scène ; que des dizaines de millions d’enfants meurent de faim dans les pays musulmans, il s’est trouvé un « analyste » saoudien qui s’est offusqué de l’utilisation de quelques mots de la langue algérienne par des supporters d’Al Ahly, le club de Mahrez. Turki Sahli, puisqu’il faut le nommer, a reproché à ses compatriotes d’entonner la fameuse chanson « Chkoun ntouma », expliquant que l’Arabie saoudite a son propre répertoire linguistique riche et varié.
Ce gus n’a trouvé rien à dire que de créer une polémique stérile comme toutes les interventions des médias arabes. C’est comme si tous les problèmes du monde étaient résolus ; que la Palestine est redevenue libre ; que le meurtre de Khashoggi n’était qu’un feuilleton gore turc ; que les bombes ne pleuvent plus sur le Yémen ; que la Syrie et l’Irak sont toujours des Etats forts et souverains. C’est le Où était-il ce Turki Sahli lors de la performance jugée « blasphématoire » de la rappeuse Iggy Azalea à Riyad. La chanteuse australienne a fait l’objet de critiques pour ses paroles controversées sur les prophètes et pour avoir demandé au public de « se prosterner devant une déesse » lors de sa prestation en Arabie saoudite la semaine dernière.
Au nom d’une ouverture au monde du divertissement et d’une normalisation avec l’entité sioniste, le pays continue ses dérapages et ses provocations à l’adresse des Nations de l’Islam. Dans un pays où on risque sa peau simplement pour avoir critiqué MBS sur les réseaux sociaux, on lâche la bride à des hurluberlues se moquant ouvertement des normes islamiques et culturelles de l’Arabie saoudite, royaume considéré, il n’y a pas si longtemps, comme conservateur, gardien des lieux les plus saints de l’islam.
Maintenant, vous savez à quoi va servir votre argent du pèlerinage, à acheter des crampons et des micros en or pour des gens qui ignorent jusqu’à votre existence. Alors, au lieu de faire plus de 5 mille kilomètres pour aller laver ses os, il suffit de faire le tour de votre quartier pour semer les bonnes actions.

>> Par Moncef Wafi

Bouton retour en haut de la page