Complicité dans un parricide à Ras El-Aïn: La mère condamnée à dix ans de prison en appel

Le tribunal d’appel d’Oran a condamné, en fin de semaine dernière, la dénommée B. Houaria, 38 ans, à dix années de prison pour complicité de meurtre commis sur son mari par sa propre fille, en septembre 2022. Meurtre pour lequel Nourhane, 16 ans à ce moment-là, avait été condamnée par le tribunal des mineurs à dix ans de prison ferme pendant que sa mère écopait de cinq ans en première instance.
Les faits de cette sombre affaire remontent à au 29 septembre 2022, au quartier de Ras el-Ain, lorsque K. Ghalem, la quarantaine, sa fille Nourhane et l’ami de celle-ci étaient en train de consommer de l’alcool et des psychotropes dans le domicile familial. Pour une raison obscure, une altercation éclate entre Nourhane et son père qui, dans un accès de colère, met sa fille et son ami à la porte. Sous l’effet des substances consommées tout au long de la soirée, l’adolescente retourne à la maison où elle finira par poignarder son père. Intrigués par le raffut et les cris de la mère, B. Houaria, les voisins accourent et trouvent Ghalem baignant dans une mare de sang. Ils l’évacueront immédiatement aux urgences de l’hôpital mais l’un des coups de couteaux l’a atteint au cœur interdisant tout espoir de survie. Nourhane, elle, disparait dans la nature et ne réapparaitra qu’à son arrestation.
Interrogée, Houaria affirme qu’elle se trouvait dans la cuisine et qu’elle n’avait pas assisté à l’altercation, ne réagissant que lorsqu’elle a entendu son mari pousser un cri : «Je l’ai trouvé par terre, gisant dans son sang», a-t-elle notamment déclaré. Pourtant, les enquêteurs arriveront à cette conclusion que l’adolescente n’a pas agi seule et qu’elle a bénéficié de l’aide de sa mère, qui selon eux, aurait immobilisé son époux en lui tenant les bras dans le dos. Toutes les deux seront arrêtées, jugées et condamnées. Si Nourhane reconnait les faits, sa mère continue de crier son innocence.
Lors de son procès en appel, Houaria, qui semble ployer sous le poids des années, réaffirme son innocence : «Depuis plusieurs années, mon mari et ma fille avaient l’habitude de veiller autour des boissons alcoolisées et des psychotropes», dira-t-elle en assurant qu’elle ne se trouvait pas en leur compagnie. Ce à quoi le juge d’audience lui rétorquera que l’enquête avait déterminé qu’elle s’adonnait, elle aussi, à ces pratiques et que le jour fatidique, elle avait consommé des drogues. Le magistrat ajoutera que les investigations avaient également déterminé qu’elle avait aidé sa fille à tuer Ghalem. Houaria criera, une nouvelle fois, son innocence et parlera de son enfant qui est pris en charge par une tante : «Mon mari est mort et ma fille en prison et j’ai laissé derrière moi un petit garçon», lancera-t-elle avec détresse en racontant le parcours malheureux de sa fille : «Nourhane a été mariée par son père à l’âge de 13 ans et demi. Elle a divorcé quelques temps après et elle commencé à dévier en multipliant les aventures et les partenaires», a-t-elle indiqué.
Sur sa supposée complicité dans le meurtre, la mise en cause rejettera l’accusation en affirmant que de nombreuses personnes avaient investi sa maison au moment de la dispute et qu’un homme qu’elle ne connaissait pas avait aidé à l’évacuation de son mari. Dans son réquisitoire le représentant du ministère public affirmera que les faits démontrent que l’accusée s’est rendue complice du crime et requis la peine de dix ans de prison ferme. La défense, elle, a plaidé l’innocence en expliquant qu’aucune preuve matérielle n’avait été relevée contre l’accusée et que l’énigme de l’inconnu confortait le doute sur la culpabilité de sa cliente.
Zemmouri L.
