Ce que j’en pense: Le falsard de Macron
Par Moncef Wafi
Louis-Ferdinand Céline s’était trompé lorsqu’il écrivait, dans son roman épique Mort à crédit (Denoël, 1936), qu’il ne tenait plus qu’avec des ficelles et des épingles de nourrice. Ceux qui prétendent que la France, pays des lumières blafardes, a descendu le pantalon jusqu’aux chevilles se trompent également. Et lourdement. Il n’est ni retenu par des ficelles ni arrivé aux chevilles de la République, son falsard n’est plus depuis longtemps. La France s’en est débarrassé pour ne plus être encombré à force de se défroquer devant le Crif et ses employeurs.
La France a tellement baissé le pantalon qu’à la fin, on a eu pitié de sa peine et qu’on a décidé, en haut lieu, de le lui définitivement enlever parce qu’il puait, à force de se faire dessus, et de le jeter à la poubelle de la petite histoire. Miterrand puis Chirac ont essayé de s’y agripper, une paire de bretelles en renfort d’une ceinture de chasteté, ensuite est venu le temps des cathédrales. Sarkozy, Hollande et l’ineffable Macron, dernier roi des Gaulois, ont baissé le froc à la belle Marianne, l’offrant aux désirs libidineux des adorateurs du veau d’or. Depuis, même la charte constitutionnelle de la République ne peut cacher cette nudité provocante qu’on promène sur les Champs Elysées.
Ventre-à-terre, rampant aux pieds de son maître, la France vient de décréter qu’au- dessus de la justice internationale, le droit d’Israël à exterminer un peuple. Macron, dans son infinie sagesse, a trouvé la parade pour contrer le verdict de la Cour pénale internationale en invitant le criminel de guerre Netanyahu à passer un week-end, aux frais de Marianne, sans crainte d’être importuné. Puisque l’Etat voyou ne reconnaît pas l’existence de Karim Khan, alors le wanted n°1 ne craint rien sur le sol de ce régime supposé démocratique. Poutine ? Et comment. A la guillotine ! Et dire que ce ne sont pas les Russes qui ont humilié des gendarmes français, les ont jetés à terre puis menottés comme de vulgaires kaïra.
Alors qu’on ne vient pas nous faire la morale, à crier au loup lorsqu’un pays souverain dispose de ses citoyens sur la base de ses propres lois. La meute politico-médiatique lâchée contre l’Algérie après l’affaire Sansal n’est en vérité qu’un contre-feu allumé pour détourner les regards de la déchéance française. C’est pour oublier le cas Daoud et son Goncourt controversé qui remet l’existence même des prix littéraires en question. C’est éviter de s’intéresser à l’Afrique qui a chassé, à coup de bottes au derrière dénudé, les derniers résidus coloniaux. C’est ne pas répondre à la gifle israélienne. C’est prolonger le règne de Macron II…