Débat avec la poétesse Inès Hayouni: Quand le dire subjectif se métamorphose en poétique

De tout temps, la poésie rime avec la profondeur de la sagesse en transcendant les esprits par une imagination métaphorique.

La poésie est une lumière, une grammaire, une hygiène de vie pour comprendre le monde à travers des mots, des paroles vivantes ayant une charge explosive qui permet de posséder une double exigence, faisant chanter l’esprit critique. C’est dans ce sillage que le Café des Arts, animé par le journaliste Ilyes Benziane, tente, tant soit peu, de sortir des sentiers battus de la disette culturelle.
Dans cette flamme romanesque, une déambulation poétique a réussi à fertiliser la dialectique entre les différents points de vue, constituant ainsi la toile de fond sur laquelle le sujet poétique se développe. En écoutant l’émission, j’évoque quelques points qui ont attiré mon attention : à travers son langage poétique, l’écrivaine-poète Inès Hayouni fait éclore, selon son propos subjectif, des pensées nouvelles.
Dans cette perspective, le sujet parlant est animé par plus que l’instinct. Face à l’humain qui s’interroge sur son appartenance à l’humanité, le décentrement de son savoir lui permet de métamorphoser son corps psychique, qui « discorde le biologique ».
Ce qui signifie que « être parlant » est une expression lacanienne, signifiant leur dépendance définitive et irréversible au langage qui les aliène, c’est-à-dire qu’il instaure un Autre, l’altérité en eux les rend partiellement étrangers à eux-mêmes.
Cette dimension psychique favorise une conscientisation de la métamorphose. La mèche inflammable du désir de changement doit introduire un raisonnement subjectif qui intègre une rationalité propice à l’altérité déterminant ainsi la division du sujet.
On pourrait donc confirmer que la poésie reflète ce qui spécifie l’inconscient.
Ainsi, pour métamorphoser l’écume poétique, il est essentiel de considérer la matérialité de la pensée. En offrant diverses interprétations, elle met en lumière la dimension de l’inconscient.
Pour cathartiser notre propre névrose, il est nécessaire d’envisager cette instance psychique comme une élaboration créative, poussant le sujet à se confronter à son inconscient tout en cherchant à le domestiquer.
La pulsion dionysiaque dessine des associations dynamiques ; ainsi, les espaces connectifs, enrichis d’une gymnastique mentale, inscrivent la complexité humaine dans « l’agir dialogique », qui magnifie la singularité agissante.
Pour finir, la parole poétique exige continuellement un effet de maturité qui ne doit pas occulter l’inconscient, pour dire, selon Héraclite, « vivre de mort et mourir de vie ».
Enfin, l’idylle sublime de la métamorphose, comme concept philosophique et poétique, permettra le surgissement de soi, qui ne passe pas sans subjectivité, cette « architectonique » nourrit la dimension psychique.
Adnan Hadj Mouri

Bouton retour en haut de la page