Déjà jugé en France: Un prévenu acquitté à Oran
Le tribunal criminel de première instance d’Oran a prononcé l’acquittement de B.A., poursuivi dans une affaire de trafic international de stupéfiants. La particularité de ce dossier réside dans le fait que l’accusé avait déjà purgé sa peine en France pour les mêmes faits.
L’affaire remonte au 11 mars 2021, date à laquelle les services de sécurité français, agissant sur la base de renseignements précis, avaient démantelé un important réseau de narcotrafic. Lors de cette opération, une saisie spectaculaire de près de 900 kg de résine de cannabis, dissimulée dans un camion-citerne, avait été opérée. Parmi les individus appréhendés figurait B.A., dont le rôle consistait à jouer les « éclaireurs » afin d’ouvrir la route et de sécuriser le trajet du camion-citerne.
Le 20 octobre 2022, les neuf prévenus impliqués dans ce réseau ont été jugés en France. En première instance, B.A. avait écopé de six ans de prison ferme, une peine ramenée à cinq ans de prison ferme en appel par la même instance judiciaire.
Après avoir quitté l’Algérie clandestinement en 2017, le mis en cause a donc passé plusieurs années en détention en Europe. Une fois sa peine entièrement purgée, il a fait l’objet d’une mesure d’expulsion vers son pays d’origine. C’est à son retour en Algérie qu’il a été intercepté, le 21 janvier 2025, en exécution d’un mandat d’arrêt international qui avait été lancé à son encontre.
Appelé à la barre du tribunal criminel de la cour d’Oran, B.A. n’a pas nié sa participation aux faits. Toutefois, il a soutenu qu’il avait déjà payé sa dette à la société : « J’ai déjà été jugé et j’ai purgé ma peine pour cette affaire. Dès mon arrestation ici, j’ai remis l’intégralité des documents et des jugements français au procureur de la République en charge de l’instruction », a-t-il expliqué.
Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public a réclamé 20 ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’accusé.
De son côté, la défense a axé sa plaidoirie sur l’extinction de l’action publique, insistant sur le fait que son mandant avait déjà été définitivement jugé et incarcéré en France pour les mêmes motifs.
Zemmouri L.
