Diabète et obésité en Algérie: Saidal et Novo Nordisk s’allient

Le groupe public Saidal a signé, ce mardi à Alger, un accord de partenariat avec Novo Nordisk-Algérie pour la production conjointe et la distribution locale de molécules innovantes à base de GLP-1, destinées au traitement du diabète de type 2 et des syndromes métaboliques — deux pathologies dont la progression inquiète de plus en plus les autorités sanitaires du pays.
La cérémonie de signature s’est tenue au siège de Novo Nordisk Algérie, en présence du président-directeur général de Saidal, Mourad Belkhelfa, et du directeur général de Novo Nordisk Algérie, Amine Dahaoui.
Cet accord intervient alors que le diabète et l’obésité constituent aujourd’hui, selon les spécialistes, un véritable défi sanitaire national. D’après l’Atlas 2025 de la Fédération internationale du diabète, l’Algérie compterait près de 4 millions de diabétiques connus, mais un adulte diabétique sur deux resterait non diagnostiqué, portant le chiffre réel à 8 ou 10 millions de personnes — un volume qui met sous tension les capacités du système de santé national. D’autres estimations situent la prévalence à 17,5 % chez les adultes de 19 à 79 ans, soit environ 4,8 millions de personnes touchées, dont 31,7 % ignorent encore leur maladie. Le phénomène touche aussi les plus jeunes, avec 56 000 enfants et adolescents vivant avec un diabète de type 1.
Le lien entre les deux pathologies est direct : 74,1 % des personnes diabétiques en Algérie sont en surpoids ou obèses, et le diabète de type 2, le plus répandu dans le pays, est « intimement associé à l’obésité » selon les diabétologues. Sur le volet de l’obésité justement, les projections officielles sont alarmantes : le ministre de la Santé a révélé qu’après un taux de 22 % en 2017, les experts prévoient une obésité touchant 46 % de la population algérienne à l’horizon 2030, ce qui placerait le pays parmi les vingt nations les plus touchées au monde et à la deuxième position en Afrique. Plus largement, en incluant le surpoids, certaines estimations récentes évoquent que plus de 50 % des adultes algériens présentent un excès de poids, avec une prévalence de l’obésité dépassant 30 % chez les femmes contre 15 à 18 % chez les hommes.
Au-delà du diabète lui-même, le danger réside surtout dans ses complications : 36,5 % des patients atteints de diabète de type 2 ne suivent pas correctement leur traitement, une situation qui accroît fortement le risque de maladies cardiovasculaires, d’insuffisance rénale ou d’amputations. Un diabétologue algérien a d’ailleurs souligné que l’obésité abdominale, en particulier, entoure les viscères et le foie, provoquant un état d’insulino-résistance qui débouche à terme sur un diabète de type 2.
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’accord entre les deux groupes. Il porte sur la production conjointe et la distribution de molécules innovantes à base de GLP-1, destinées aux patients atteints de diabète de type 2 et de syndromes métaboliques, permettant d’éviter les complications notamment cardiovasculaires et métaboliques.
Cette coopération « reflète une ambition commune de renforcer les capacités pharmaceutiques locales à travers le partage de connaissances et la collaboration technique, contribuant ainsi au développement des capacités de santé en Algérie », selon le communiqué du groupe public.
T. Feriel

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