Détenu depuis avril 2025 en France: Vers la libération de l’agent consulaire algérien ?

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a requis, le 10 juin, la remise en liberté de Smaïl R., chargé de sécurité du consulat algérien de Créteil, détenu en France depuis avril 2025 dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement de l’activiste Amir Boukhors, dit Amir DZ, condamné en Algérie pour terrorisme. Selon le quotidien français, Le Monde, qui a publié la nouvelle, hier mardi, le parquet avait rejeté toutes les demandes de remise en liberté.
Le PNAT estime désormais que la détention de Smaïl R. « n’est plus utile à la manifestation de la vérité » et propose des mesures alternatives : assignation à résidence dans le Val-d’Oise, pointage hebdomadaire, confiscation des documents d’identité et restrictions de contacts. Pourtant, le 18 juin dernier, le juge des libertés et de la détention a néanmoins rejeté cette demande. Smaïl R. a fait appel ; la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris doit se prononcer avant le 13 juillet.
En mars dernier, Alger avait exprimé une protestation ferme contre la prolongation d’une année supplémentaire de la détention provisoire de son agent consulaire algérien, détenu en dépit de son statut protégé par la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963. Le communiqué officiel du MAE avait dénoncé le « traitement inqualifiable » subi par Smaïl R. révélé lors de la première visite consulaire autorisée le 17 mars 2026. Alger avait averti que cette décision «difficilement justifiable » aura des conséquences sur le cours normal des relations bilatérales.
La convocation du chargé d’affaires de l’Ambassade de France à Alger intervenait dans un contexte marqué par la récente visite à Alger du ministre français de l’Intérieur, Franck Nunez, qui avait tenté de relancer le dialogue bilatéral autour des questions migratoires et sécuritaires. Depuis, un réchauffement s’est amorcé progressivement avec la visite, en mai 2026, de la ministre française déléguée aux Armées Alice Rufo à Alger pour les commémorations du 8 mai; l’ambassadeur Romatet l’accompagne et retrouve officiellement son poste, après plus d’un an d’absence. Suivra le ministre de la Justice, Darmanin et le déplacement de Sayoud à Paris.
Cette décision du PNAT convoque des lectures sur la libération du journaliste français, Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie. Arrêté en mai 2024 et condamné le 29 juin 2025 par le tribunal de Tizi-Ouzou pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications nuisant à l’intérêt national », il a renoncé en mars à son pourvoi en cassation. La clôture du débat judiciaire avait désormais transféré la responsabilité du sort du journaliste vers le pouvoir exécutif, et plus précisément vers le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, seul habilité à accorder une grâce présidentielle. Cette dernière, prévue par la Constitution algérienne, est une prérogative discrétionnaire qui permet au chef de l’État d’effacer ou d’atténuer une peine, indépendamment du jugement rendu. Dans le cas Gleizes, les avocats Amirouche Bakouri et Emmanuel Daoud ont souligné que l’avenir de leur client relève désormais « des prérogatives du président ».
Pourtant, l’intrusion maladroite du président de la FIFA, Gianni Infantino, dans ce dossier interne à l’Algérie a soulevé une série d’interrogations sur le timing et les véritables intentions du patron de la FIFA.
G. Salima

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