Trafic de cocaïne: 12 ans de réclusion pour le réseau « Baghrira »

Le tribunal criminel d’appel d’Oran a récemment condamné huit personnes à 12 années de réclusion criminelle pour trafic de drogue en bande criminelle organisée, infractions à la législation des changes, fuite de capitaux et blanchiment d’argent. Quatre prévenus ont été condamnés à un an de prison ferme ou acquittés. Six accusés en fuite ont, eux, écopé à la perpétuité par contumace.
Le procès portait sur le trafic de 3,281 kg de cocaïne et 59.583 comprimés d’ecstasy impliquant un réseau dirigé par le baron de la drogue M. Sid Ali, alias « Alilou Baghrira », déjà cité et condamné dans plusieurs affaires similaires. Dans son réquisitoire, le ministère public avait requis la peine de quinze ans de prison.
L’affaire a éclaté à la suite d’informations parvenues à la Brigade de recherches et d’investigations (BRI), sur les activités d’un important réseau de trafiquants dirigé par Dj. Arselan et « Alilou Baghrira». Selon les renseignements, une cargaison de cocaïne devait être expédiée du Royaume-Uni vers l’Algérie, et une autre vers la France.
Une surveillance a alors été mise en place autour de Y. K., après que la voiture qu’il utilisait, une Hyundai Accent appartenant à son père, eut été identifiée comme moyen de transport de la drogue. Le 9 juin 2019, le véhicule a été repéré au rond-point de la Pépinière, en direction de Mostaganem, dans laquelle se trouvait B. K., recherché par les services de sécurité.
D’autres informations ont indiqué que la drogue envoyée par « Baghrira » devait être réceptionnée par B. K. le 10 juin 2019. Ce dernier a ensuite été vu en compagnie d’un autre suspect, circulant entre les quartiers du Millénium, Saint-Eugène et les Castors, avant d’être intercepté au rond-point d’El Bahia. A leur descente du véhicule, les nommés B. K., Y. K. et B. Ch., dit « Kahla », ont tenté de s’enfuir mais ont été vite rattrapés. La fouille du véhicule a permis la saisie de la cocaïne et des psychotropes, conditionnés dans plusieurs cartons.
Lors de son interrogatoire, Y. K. a reconnu détenir du kif à son domicile. La perquisition a mené à la saisie de 12 kg de kif et 30 comprimés d’ecstasy. Une seconde perquisition, au domicile de la tante de « Kahla », à Saint-Eugène, a permis de découvrir une balance électronique portant des traces de cocaïne.
L’enquête a par la suite permis d’identifier plusieurs autres complices répartis dans divers quartiers d’Oran. Si quelques-uns ont nié toute implication, d’autres, dont B. K., et Y. K., ont avoué travailler avec « Baghrira », qui s’est enfui au Maroc. B. K., a affirmé avoir déjà effectué trois opérations similaires avec lui. La majorité des accusés ont, par la suite, désigné « Baghrira » comme le cerveau du réseau.
A la barre, les prévenus ont reconnu avoir transporté et stocké les stupéfiants, tout en attribuant la propriété de la drogue à « Baghrira ».
Zemmouri L.

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