Disparition d’une dépouille à la maternité du CHUO: 5 et 6 ans de réclusion en appel

Ce mercredi après-midi, l’affaire de disparition de la dépouille d’un nouveau-né au service de la maternité du CHU d’Oran a été jugée en appel par le tribunal criminel de la Cour d’Oran.
Les deux principales mises en cause, B.H., femme de ménage à la maternité et T.K., une septuagénaire, externe au service ont été condamnées à 6 ans de réclusion, alors que la troisième prévenue, S.R., une proche de T.K., écopera de 5 années de réclusion. Les trois accusées devaient répondre des griefs de disparition de dépouille, transport et dissimulation d’un nourrisson mort-né et vol d’organe sur dépouille.
Cette affaire remonte au 16 avril 2019, où D.H., se présenta à la 2ème sûreté urbaine pour signaler la disparition de la dépouille de son nouveau-né. Sa femme venait d’accoucher d’un nourrisson mort-né à la maternité du CHU d’Oran. Il expliqua qu’il avait fait admettre son épouse le 14.4.2019 dans ce service où elle mettra au monde, le lendemain, un bébé mort-né. Le couple était préparé à cela, le décès in-utéro ayant été constaté par le gynécologue qui assurait le suivi. Après l’accouchement, la dépouille avait été enveloppée dans un drap et déposée dans une chambre attenante au bloc d’accouchement, d’où elle devait être transférée vers le service de médecine légale. Après avoir reçu le certificat de décès du nourrisson, on lui remettra l’autorisation d’inhumer. C’est au moment de récupérer le corps de son enfant au service de médecine légale, qu’il fut choqué de constater qu’aucun nourrisson n’avait été transféré vers ce service. Il erra entre la maternité et le service de médecine légale plusieurs heures avant de se décider à déposer une plainte.
Une enquête est alors ouverte et l’épouse du plaignant a également été entendue par les services de sécurité. Les professionnels de la maternité, en service ce jour-là ont tous été auditionnés, femmes de ménage, sages-femmes, jusqu’au médecin chef. La dépouille restera introuvable. Ces investigations arriveront à identifier la première mis en cause B.H., puis T.K. Ces deux premières arrestations permettront d’appréhender S.R.
Confrontées aux faits, les trois accusées nieront les faits retenus contre elles et feront différentes déclarations … Si quelques points communs peuvent être relevés dans leur témoignage comme des habitudes de troc ou de services rendus entre T.K et B.H., comme par exemple l’échange de denrées contre des produits de parapharmacies, selon les déclarations de S.R., cette affaire a pour fond des pratiques de sorcellerie, mais rien n’a pu être prouvé en ce sens. Les autres témoins entendus, dont le chef de service de la maternité à l’époque, répèteront tout au long des débats qu’ils n’ont rien vu, remarqué ou entendu.
La défense a de nouveau plaidé l’innocence de ses mandants et le représentant du ministère public a requis sept ans de réclusion. A savoir pourquoi cette dépouille a disparu et ce qu’elle est devenue, le doute, jeté lors des auditions, restera inexpliqué.
Zemmouri. L
