Dossiers rejetés, transparence, diaspora : L’ANIE répond

Plusieurs formations politiques ont exprimé leur mécontentement après le rejet de leurs dossiers de candidature. Face à ces réactions, le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Karim Khelfane, a tenu, dans un entretien accordé à l’APS, à clarifier sans ambiguïté la position de son institution : « Notre objectif n’est pas d’exclure des candidats, mais de veiller à l’application de la loi organique relative au régime électoral. »
Les critères de recevabilité des dossiers — représentation obligatoire des jeunes, des femmes et des diplômés universitaires, situation fiscale en règle, nombre suffisant de signatures individuelles — sont, selon M. Khelfane, « expressément prévus par la loi et s’appliquent de manière uniforme ». Il a également relevé que les partis et listes indépendantes ayant déposé leurs dossiers suffisamment tôt ont pu régulariser d’éventuelles lacunes, contrairement à ceux qui ont attendu les dernières heures avant l’expiration des délais légaux.
Sur les recours suscités par l’application de l’article 200 de la loi organique, le responsable a rappelé que les décisions de l’ANIE peuvent être contestées devant les juridictions compétentes, et que les tribunaux ont d’ores et déjà réexaminé plusieurs dossiers — ce qui témoigne, à ses yeux, de «l’indépendance des institutions et du respect de l’État de droit ».
Au-delà de la polémique sur les candidatures, M. Khelfane a tenu à afficher la sérénité et la pleine disponibilité de l’ANIE à l’approche du scrutin du 2 juillet, dont la campagne électorale s’élance dès mardi prochain. Les préparatifs ont démarré « bien avant la convocation du corps électoral », a-t-il précisé, insistant sur le fait que le processus électoral forme « un parcours intégré dont on ne peut dissocier les maillons ». L’Autorité travaille en coordination avec les secteurs ministériels et l’ensemble des parties prenantes, sur le territoire national comme à l’étranger.
Les wilayas nouvellement créées disposent de toutes les infrastructures et des moyens humains nécessaires, selon le responsable, qui s’appuie sur des visites de terrain effectuées par les membres du conseil de l’ANIE. Quant à la communauté algérienne établie à l’étranger, elle bénéficiera d’une représentation renforcée, le nombre de sièges qui lui sont réservés passant de 8 à 12 — une décision qui traduit, selon M. Khelfane, « la volonté de l’État de renforcer sa participation dans la vie politique nationale ».
Enfin, le président par intérim de l’ANIE a rappelé que la mobilisation des électeurs est « une responsabilité partagée » entre l’Autorité, les partis politiques et la société civile. L’ANIE a conduit ces derniers mois plusieurs campagnes de sensibilisation auprès des étudiants, des jeunes et des journalistes, afin d’ancrer une culture électorale solide à l’approche de ce scrutin législatif.
Ch.G
