Justice réparatrice: L’Algérie renouvelle son appel à l’ONU

L’Algérie a lancé jeudi, depuis la capitale ghanéenne, un appel « renouvelé et sincère » en faveur d’une reconnaissance internationale explicite du caractère systématique et criminel des pratiques liées à l’esclavage et au colonialisme. C’est le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, représentant le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, qui a porté ce message lors de la Conférence consultative de haut niveau sur la justice réparatrice et les réparations historiques liées à la traite transatlantique des esclaves.
Dans son intervention, M. Nasri a insisté sur la nécessité pour les organisations onusiennes et les anciennes puissances coloniales de reconnaître officiellement les crimes commis contre les peuples africains. Il a affirmé que l’Algérie soutient pleinement l’action des historiens et des experts en droit international visant à réunir preuves et témoignages irréfutables. « Forte de son héritage de lutte et de son expérience unique de libération nationale, l’Algérie met à disposition des institutions africaines et internationales l’ensemble des documents historiques et preuves matérielles qu’elle détient », a-t-il déclaré.
Le président du Conseil de la nation a rappelé que la terre algérienne avait été le théâtre d’atrocités coloniales, incluant des actes de génocide et l’utilisation d’armes prohibées. Il a souligné que ces archives serviront à consolider la position africaine commune dans un esprit de vérité et de justice.
M. Nasri a salué la résolution historique des Nations unies reconnaissant la traite transatlantique des esclaves comme l’un des crimes les plus odieux contre l’humanité, adoptée grâce au succès diplomatique du Ghana. Il a qualifié cette avancée de « victoire de la vérité historique » et de tournant décisif pour la réhabilitation des victimes africaines.
Dans ce contexte, il a rappelé que l’Algérie avait accueilli, les 30 novembre et 1er décembre 2025, la Conférence internationale de haut niveau sur les crimes du colonialisme en Afrique, qui avait abouti à la Déclaration d’Alger, approuvée par le Sommet de l’Union africaine en février 2026. Ce document constitue une feuille de route claire, appelant à la criminalisation du colonialisme dans l’ordre juridique international, à la restitution des biens culturels spoliés et des restes humains, ainsi qu’à la reconnaissance des responsabilités économiques et sociales des puissances coloniales.
L’Algérie a également proposé, et obtenu l’adoption par l’Union africaine, d’une Journée africaine de commémoration fixée au 30 novembre de chaque année, en hommage aux martyrs et victimes de la traite, du colonialisme et de l’apartheid.
Enfin, M. Nasri a rappelé que le Parlement algérien avait adopté à l’unanimité, le 12 avril 2026, une loi criminalisant le colonialisme subi par le pays, confirmant l’engagement de l’État à inscrire cette lutte dans le droit national et international.
Ch.G
