Du tumulte des meetings au silence des urnes: Compte à rebours pour les législatives

À la veille de l’ouverture des bureaux de vote, prévue ce jeudi, l’Algérie est entrée dans la période de silence électoral qui précède chaque scrutin. La campagne officielle pour le renouvellement de l’Assemblée populaire nationale s’est achevée dimanche soir, après plusieurs semaines marquées par une intense activité de terrain, quelques contestations ponctuelles et un climat que les observateurs jugent globalement maîtrisé.
Invité hier lundi de la Chaîne 1 de la Radio nationale, le membre de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Chebli Abderrahmane, a dressé le bilan d’une campagne qu’il a qualifiée d’étape déterminante du processus électoral. Selon lui, cette phase, longue de 23 jours et intervenue après l’examen de la validité des listes de candidatures, a permis aux partis politiques comme aux listes indépendantes d’exposer leurs programmes et de chercher à convaincre les citoyens de participer au scrutin et de choisir leurs représentants pour la prochaine législature.
« La campagne électorale s’est déroulée à un bon rythme tout au long de ses différentes étapes », a-t-il affirmé, évoquant l’organisation de plus de 3 965 rassemblements populaires à travers l’ensemble des wilayas du pays. Les candidats ont par ailleurs pleinement exploité les espaces d’expression libre mis à leur disposition sur les médias audiovisuels publics, soit quatre chaînes de la Radio algérienne et six chaînes de la Télévision publique, pour présenter et expliquer leurs programmes électoraux.
Le représentant de l’ANIE a également mis en avant l’affichage des panneaux électoraux dans les emplacements réservés, ainsi que la tenue de rencontres de proximité et de meetings organisés en coordination avec l’Autorité, qui a veillé, en lien avec les pouvoirs publics, à réunir l’ensemble des conditions légales et réglementaires prévues par l’ordonnance n° 21-01 régissant la campagne électorale, dans le but de garantir l’égalité des chances entre tous les candidats.
Chebli Abderrahmane a néanmoins reconnu l’existence de certains dépassements, notamment liés au non-respect des règles encadrant l’affichage des supports de propagande. Ces manquements ont conduit l’ANIE à publier un communiqué appelant l’ensemble des candidats à se conformer aux règles fixées, dans le souci de préserver les principes de justice et d’équité et de garantir à chaque liste un accès équivalent à la communication électorale.
Près de 4.000 rassemblements populaires
Le rappel de l’Autorité sur l’affichage électoral est d’ailleurs revenu à plusieurs reprises au fil de la campagne, plusieurs candidats ayant tardé à se conformer aux formats imposés, photographies des candidats comprises.
Alors que le vote a déjà débuté à l’étranger ainsi que dans les bureaux de vote itinérants, les candidats aux élections législatives observent désormais le silence électoral avant l’ouverture des bureaux de vote, prévue le jeudi 2 juillet. Invité de la Chaîne 3, l’expert et analyste politique Hacène Kacimi a appelé les citoyens à participer massivement afin de consolider les institutions démocratiques.
« Vous devez savoir que lorsque nous irons voter massivement, nous choisirons les meilleurs représentants. Le Parlement remplit des missions essentielles. Il évalue les politiques publiques du gouvernement, interpelle l’Exécutif à travers des questions orales et veille à la mise en œuvre des politiques publiques en adoptant les textes de loi nécessaires », a-t-il expliqué.
Pour étayer son analyse, Hacène Kacimi est revenu sur l’évolution de l’institution parlementaire depuis le recouvrement de la souveraineté nationale et l’élection de l’Assemblée constituante, qui a posé les fondements de l’État algérien moderne. « Les défis du Parlement sont ceux de l’État. Dans l’organisation politique et institutionnelle d’un pays, chaque pouvoir joue un rôle déterminant pour garantir le bon fonctionnement des institutions et la consolidation de l’État de droit », a-t-il souligné.
Abordant les réformes engagées par le président de la République, notamment le nouveau découpage administratif et le renforcement des prérogatives de l’Autorité nationale indépendante des élections, l’analyste estime que cette nouvelle organisation contribuera à améliorer le fonctionnement et l’efficacité des institutions. « L’objectif a été de consacrer l’indépendance de l’ANIE. Désormais, cette autorité prépare, organise et supervise l’ensemble du processus électoral. L’administration intervient uniquement en appui logistique, en mettant à sa disposition les moyens humains et matériels nécessaires afin de garantir le bon déroulement des élections », a-t-il affirmé.
Cette échéance du 2 juillet doit permettre de renouveler les 407 sièges de l’Assemblée populaire nationale pour la dixième législature. Sur les 9 854 candidats en lice, les moins de 40 ans représentent 54 %, soit 5 304 postulants, traduisant un renouvellement générationnel notable des listes. Plus du tiers des candidats disposent par ailleurs de qualifications universitaires, tandis que le taux de représentation des femmes dépasse 21 %.
Le corps électoral concerné par ce scrutin compte 24 727 041 électeurs, dont 23 872 756 à l’intérieur du pays et 854 285 au sein de la communauté nationale établie à l’étranger, qui dispose de 12 sièges réservés.
G. Salima
