Finance islamique : La part de marché estimée à 6%

Sofiane Mazari, spécialiste en finance islamique, a salué le budget historique de 122 milliards de dollars inscrit dans le Projet de loi de finances (PLF) 2025, qualifié de « plus important depuis l’indépendance » en Algérie. Présenté à l’Assemblée populaire nationale (APN) par le ministre des Finances, ce budget met l’accent sur des domaines prioritaires comme l’investissement public et les transferts sociaux.
Lors de son passage à l’émission « L’Invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne, Mazari a souligné que le PLF-2025 prévoit le dégel de près de 100 projets bloqués depuis 2014, stimulant ainsi l’investissement dans des secteurs cruciaux. Parmi les nouveautés du projet, le Trésor public sera autorisé à émettre des « soukouk, » un instrument de la finance islamique, permettant à l’État de financer des infrastructures.
Cette initiative traduit la volonté de diversifier les sources de financement en Algérie en s’appuyant sur la finance islamique, qui représente déjà un marché de 800 milliards de dinars (environ 6 milliards de dollars), soit environ 6 % du secteur bancaire national.
Mazari estime que cette finance constitue un « gisement important d’épargne » qu’il conviendrait de transformer en investissements pour dynamiser l’économie. Les soukouk, adossés à des actifs tangibles et basés sur un partage de risques, sont en forte croissance avec un taux annuel de 30 %. Le secteur de la finance islamique en Algérie connaît un essor notable, avec douze acteurs déjà présents sur le marché et un treizième bientôt opérationnel.
Enfin, il a rappelé la récente ouverture de capital d’une banque publique, qui a permis de lever plus de 112 milliards de dinars, un signal fort pour les acteurs du marché et un pas vers l’ouverture d’autres capitaux bancaires. L’expert a souligné l’importance d’adapter le Code du commerce pour permettre une meilleure intégration des soukouk corporatifs, un outil de financement innovant pour les entreprises souhaitant soutenir des projets d’investissement dans le pays.
Ch.G
