Tribunal d’Oran : La prison pour les escrocs du foncier

Le tribunal criminel d’Oran a condamné cette semaine quatre personnes à des peines d’une année à trois ans de prison dans une affaire de falsification de sceaux de l’État. Un cinquième accusé se trouvant en fuite a été condamné à cinq ans de prison par contumace.
Les faits remontent au 20 mars 2023 lorsque des informations sont parvenues aux éléments de police concernant des personnes qui recensaient des terrains dans l’intention de conclure des ventes frauduleuses dans les environs d’Oran. Ces terrains étaient situés dans des quartiers huppés de la ville, tels que Seddikia et El Akid. Les suspects ciblaient des personnes venant d’autres wilayas pour les escroquer en leur promettant des lots de terrain en prétendant être des cadres de l’OPGI. Une fois l’opération conclue, ils récupéraient ces terrains pour les revendre à d’autres personnes une seconde fois, générant ainsi des sommes d’argent importantes. Selon l’enquête, ces sommes variaient entre 300 millions et 1 milliard de centimes.
Les victimes constituaient un dossier administratif complet, qu’elles remettaient à un certain Toufik qui, à son tour, le remettait au dénommé M.A., prétendu ancien cadre de l’OPGI. Ensuite, ils se partageaient les bénéfices.
Parmi les victimes recensées, B.M., qui s’est présenté le 24 mai 2023 aux services de sécurité pour dénoncer une escroquerie remontant à 2021. Il avait rencontré M.A. par l’intermédiaire de son ami M.M. Une deuxième victime a expliqué qu’on lui avait fait croire que M.A. travaillait à l’OPGI, avec Toufik comme principal acteur dans cette affaire, bien que son identité complète n’ait pas pu être établie. La victime a été approchée pour l’achat d’une parcelle de terrain dans la phase de règlement de situation au quartier Rocher, à El Hassi, d’une surface estimée à 120 m². L’opération devait être effectuée par l’intermédiaire de l’OPGI, selon la victime. La somme de 220 millions de centimes devait être remise pour récupérer le dossier administratif, le reste de l’argent devant être payé après une prétendue détermination du prix par l’administration.
M.A. a informé la victime que son dossier avait été rejeté par l’OPGI. Pour la calmer, il lui a proposé d’autres lots de terrain, dont une parcelle de 440 m². Ils ont convenu d’un premier acompte de 300 millions de centimes, le prix global étant estimé à 520 millions de centimes. D’autres victimes ont fait des déclarations similaires.
A la barre du tribunal criminel, les mis en cause ont réfuté en bloc les accusations retenues contre eux, affirmant qu’ils avaient bien proposé des lots de terrain aux victimes mais sans leur soutirer d’argent. Le représentant du ministère public a requis contre ces derniers la peine maximale.

Zemmouri L.

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