Visas, drame d’El Mohammadia, Tunisie…: Les mises au point « musclées » de Tebboune

« Le président algérien n’a jamais demandé de quotas de visas, un nombre de visas ou parlé de visas. Je n’ai jamais demandé d’excuses. Je n’ai jamais demandé d’indemnisations. L’Algérie ne fera jamais la manche », a indiqué le président, Abdelmadjid Tebboune lors de la rencontre périodique avec la presse nationale diffusée hier soir.
Une déclaration adressée « aux Algériens avant les amis français » qui sonne comme une mise au point après la polémique suscitée en France suite aux chiffres annoncés, à ce propos, par l’ambassadeur de France à Alger.
En effet, et dans un entretien accordé à TSA, Stéphane Romatet avait assuré que la France comptait augmenter progressivement le nombre de visas accordés aux Algériens, jusqu’à atteindre les 250.000 visas annuels, soit le niveau d’avant la crise diplomatique entre les deux pays. Le diplomate a été aussitôt désavoué par de hauts responsables français, dont le président Macron. A l’issue du Conseil des ministres du 22 juillet, le locataire de l’Elysée a affirmé que son pays n’avait en fait aucun «objectif chiffré » concernant le nombre de visas accordés aux Algériens.
Tebboune a également précisé, concernant les relations bilatérales, que l’Algérie n’a pas demandé non plus « d’excuses » ou « d’indemnisation » concernant les crimes coloniaux commis par la France en Algérie entre 1830 et 1962.
Par ailleurs, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé la détermination de l’État à intensifier la lutte contre les bandes de quartiers. Réaffirmant son engagement à protéger les familles et leurs enfants, il a assuré que les pouvoirs publics poursuivraient leur action avec fermeté face à ce phénomène. « Je m’engage devant toutes les familles à protéger leurs enfants, leurs fils et leurs filles. Nous sommes dans une guerre féroce contre ces individus et nous les vaincrons », a déclaré le chef de l’État lors de la même rencontre périodique. Il a souligné, toujours à ce sujet, que la lutte contre les bandes de quartiers demeurait l’un des principaux axes de la politique sécuritaire nationale. Il a insisté sur la volonté des pouvoirs publics de poursuivre les efforts engagés afin d’assurer la sécurité des citoyens, de protéger les familles et de préserver la tranquillité publique.

Guerre déclarée contre les gangs de quartiers

Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par la poursuite des opérations de sécurité menées dans plusieurs wilayas contre des bandes de quartiers mises en cause dans des affaires d’agressions, de trafics de stupéfiants, de port d’armes prohibées et d’autres formes de criminalité urbaine. Des interventions ont conduit, ces derniers mois, au démantèlement de nombreux groupes, à l’interpellation de leurs membres et à l’engagement de poursuites judiciaires.
Concernant l’incendie survenu à l’établissement de l’Enfance assistée d’El Mohammadia, à Alger, qui a fait onze morts et dix-neuf blessés, le chef de l’Etat a annoncé avoir ordonné l’ouverture d’une enquête de sécurité approfondie, indiquant avoir chargé les services de sécurité de faire toute la lumière sur les circonstances du drame et d’établir les responsabilités.
« J’ai ordonné aux services de sécurité de mener une enquête très approfondie, du gardien jusqu’au plus haut niveau de responsabilité », a-t-il précisé, soulignant que les responsabilités devront être établies à tous les échelons. Le président a également indiqué avoir été profondément marqué par les conséquences de l’incendie, évoquant notamment le cas d’une fillette grièvement brûlée lors du sinistre.
Sur un autre plan, le président de la République a tenu à saluer les efforts des différents intervenants et acteurs face aux incendies enregistrés dans certaines wilayas, citant en particulier les images de solidarité façonnées par les agents de la Protection civile en train de rafraichir leurs collègues de Sonelgaz, lorsque ces derniers s’affairaient à rétablir une panne d’électricité à côté d’un foyer d’incendie encore actif. « Ce sont des images que vous ne verrez qu’en Algérie », a-t-il soutenu, avant d’annoncer que « des mesures seront prises pour encourager les agents du terrain ».
En outre, le président de la République s’est engagé à « poursuivre le dialogue avec les partis politiques », et a annoncé plusieurs mesures à caractère social, notamment une prochaine révision des pensions de retraite et un relèvement du salaire national minimum garanti. Il a également évoqué la situation en Tunisie, mettant en garde contre toute tentative de déstabilisation par le terrorisme du voisin de l’Est. L’Algérie ne laissera pas faire quiconque “apportera le terrorisme en Tunisie, ou menacera la Tunisie avec le terrorisme”, a-t-il averti.
Khaled Boudaoui

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