Hausse des prix de la viande blanche : Les mesures d’urgence du Gouvernement

La flambée incontrôlée des prix du poulet en Algérie représente bien plus qu’un simple défi économique. Pour de nombreux ménages, cette crise des prix crée une pression financière insoutenable et compromet l’accès à une source capitale de protéines. Le poulet, souvent considéré comme l’option unique et abordable en matière de viande, constitue le pilier nutritionnel pour une grande partie de la population. Cependant, l’instabilité des prix affecte profondément le budget quotidien des consommateurs.
Pour faire face à la récente augmentation injustifiée des prix de la viande blanche, constatée au cours des dernières vingt-quatre heures, malgré l’abondance du produit sur le marché, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a annoncé, hier, une série de « mesures urgentes » à l’issue d’une réunion convoquée en urgence par le ministre du secteur, Mohamed Abdelhafid Henni.
Selon le communiqué du ministère, les parties prenantes de la Division de la viande blanche, y compris l’Office national de l’Alimentation animale (ONAB), la Société algérienne de Contrôle des Produits agricoles (SARPA), l’entreprise publique FRIGOMEDIT, la Fédération des éleveurs de volailles affiliée à l’Union nationale des Paysans algériens (UNPA), et des éleveurs privés, ont été réunies, ce dimanche, en présence d’un représentant du ministère du Commerce et de la Promotion des exportations.
À la suite de cette réunion, plusieurs décisions ont été prises, notamment l’augmentation des capacités de production pour répondre à la demande croissante en viande blanche, en favorisant à la fois la production locale et les importations. Les délais d’approvisionnement du marché en viande blanche importée seront également réduits.
Pour soutenir les petits éleveurs, des enquêtes seront ouvertes par les services vétérinaires alors que l’approvisionnement en intrants, tels que les aliments pour volailles, sera accéléré. Cependant, ces avantages seront conditionnés à la présentation d’une accréditation sanitaire délivrée exclusivement par les services vétérinaires de l’État.
Le ministère a également décidé de communiquer de manière transparente sur les prix, en particulier en ce qui concerne les aliments commercialisés par l’ONAB. Il a également été décidé de communiquer le prix unitaire des poussins de chair d’un (01) jour, fixé à 120 Da l’unité, selon la même source qui a indiqué que cette information sera relayée avec le système de traçabilité des éleveurs et des coopératives d’élevage de viande blanche pour garantir la transparence des ventes.
En parallèle, des consultations seront engagées avec la Fédération nationale des aviculteurs pour parvenir à une convention de branche visant à établir un modèle optimal d’organisation et de gestion de la division. L’objectif est de garantir la stabilité des prix sur le marché en impliquant tous les acteurs de la filière, de la production d’aliments aux abattoirs, en passant par les éleveurs, les coopératives, les institutions et organismes.
« Dans le même contexte, le ministère a annoncé la mobilisation de toutes les inspections vétérinaires à travers le pays pour mener des enquêtes de terrain et des évaluations des unités d’élevage de volailles, ainsi que des abattoirs de volailles dans toutes les wilaya du pays, à compter du 20 novembre 2023 », a-t-on conclu de même source .
Malgré les mesures les prix restent incontrôlables
Malgré les efforts des autorités pour réguler le marché de la viande blanche, le prix du poulet demeure élevé et volatile, fluctuant ces derniers jours entre 500 et 550 DA le kilo, dépassant récemment même la barre des 600 dinars.
Les professionnels du secteur attribuent ces hausses incontrôlables à plusieurs facteurs. En premier lieu, la hausse des prix mondiaux du maïs et du soja impacte directement le coût de production des aliments pour les volailles, contribuant ainsi à la hausse des prix de la viande de poulet sur le marché local. La disponibilité réduite des poussins, en raison de la grippe aviaire, représente également une cause significative de la hausse des prix. Cette diminution de l’offre accentue la pression sur le marché, impactant la disponibilité du produit final et influençant les prix à la hausse.
En outre, certains acteurs peu scrupuleux opérant dans le secteur avicole sont pointés du doigt pour leurs pratiques spéculatives. Dans un contexte de libéralisation de la filière avicole, ces pratiques opportunistes exacerbent les fluctuations des prix, contribuant à l’instabilité du marché.
Ces éléments combinés créent un environnement économique complexe pour le secteur de la viande blanche en Algérie. Malgré les mesures prises par les pouvoirs publics pour augmenter la production locale et faciliter les importations, la préférence des prix persiste, impactant les consommateurs et les acteurs de la filière.
Cette situation souligne la nécessité d’une approche plus exhaustive pour stabiliser les prix du poulet, impliquant une gestion attentive des ressources, une surveillance étroite des pratiques commerciales et une réponse proactive aux défis mondiaux affectant l’industrie avicole locale.
B. Bakhta
