Il a rencontré les opérateurs économiques: La feuille de route de Tebboune

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé, hier à Alger, l’ambition claire de l’État algérien : hisser l’économie nationale au rang des pays émergents, avec un produit intérieur brut (PIB) visé de 400 milliards de dollars à l’horizon 2027.

Dans une allocution prononcée lors de l’ouverture de la 2e édition de la rencontre avec les opérateurs économiques, le chef de l’État a appelé à une mobilisation collective autour de cette stratégie ambitieuse. « Nous entamons notre second mandat avec l’objectif commun d’intégrer le cercle des économies émergentes », a-t-il affirmé, tout en soulignant le rôle central des jeunes et des startups dans cette dynamique.
Le chef de l’Etat a mis en lumière la dynamique en cours en matière d’investissement : plus de 13 700 projets ont été enregistrés à ce jour, représentant un montant total de 6 000 milliards de dinars. Il a salué les efforts des investisseurs nationaux, appelant à une « mobilisation forte » pour accélérer la cadence.
Tebboune a également insisté sur les réformes entreprises pour simplifier les procédures et faciliter l’accès au foncier industriel, assurant que l’État « ne spécule pas » sur les terrains destinés à l’investissement.
Le Président a aussi fixé l’objectif d’une contribution industrielle au PIB comprise entre 13 et 14 %, tout en dénonçant les dysfonctionnements dans la gestion du foncier industriel. Sur le plan agricole, il a salué les résultats obtenus dans le cadre de la souveraineté alimentaire, indiquant que 81 % des besoins nationaux en blé dur sont désormais couverts, permettant une économie de 1,2 milliard de dollars cette année.
L’Algérie, qui importait pour 60 milliards de dollars avant 2019, a réduit cette facture à 40 milliards grâce à une stratégie de substitution aux importations. Un effort que les autorités entendent poursuivre.
Pour autant, Tebboune n’a pas manqué de pointer du doigt certains comportements entravant le développement économique : spéculation, abus de pouvoir, ou inertie sous prétexte de crainte judiciaire.

Un raisonnement de corrompus

« Ceux qui ont peur de la prison sans rien faire raisonnent comme les corrompus », a-t-il lancé.
Le chef de l’État a également évoqué la révision en cours de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne. « Les partenaires européens ont accepté le principe de révision. Nous ne demandons pas l’impossible, mais cette révision est nécessaire et vous en êtes acteurs », a-t-il déclaré.
D’ailleurs, il a annoncé la création prochaine d’un guichet unique destiné à accompagner, soutenir et orienter les investissements, en vue d’assurer un développement équitable à travers l’ensemble du territoire national. « Nous procéderons à la mise en place du guichet unique dans un délai de deux à trois mois, tandis que l’Agence nationale de promotion de l’investissement poursuivra naturellement son activité. » Il a précisé que ce nouveau guichet prendra la forme d’un établissement à caractère industriel et commercial.
Tebboune a souligné que ce guichet, qui réunira des représentants de divers ministères ainsi que des institutions bancaires, disposera de tous les pouvoirs nécessaires et constituera une solution radicale aux difficultés rencontrées par les porteurs de projets. Rappelant que l’Agence nationale « assume des missions qui dépassent ses capacités », le Président a précisé que ce projet est en préparation depuis trois ans et qu’un décret présidentiel viendra encadrer le fonctionnement du guichet unique.
Dans ce contexte, il a réaffirmé sa détermination à éradiquer toutes les formes de bureaucratie et à mettre en place des mécanismes de veille à tous les niveaux afin de soutenir la production nationale, désormais capable de rivaliser avec les produits importés en termes de qualité.
Par ailleurs, deux nouvelles structures verront le jour d’ici le mois de mai prochain, a-t-il ajouté. L’une sera chargée d’encadrer et de réguler les importations, tandis que l’autre sera dédiée à la promotion et au soutien des exportations. À cette occasion, le chef de l’État a précisé que les opérations d’exportation ne seront plus gérées par l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (ALGEX).

En finir avec la bureaucratie

« À l’issue de cette rencontre, je chargerai le gouvernement de mettre en place deux organismes : le premier, consacré à l’importation, sera doté d’un système de veille pour surveiller l’activité des importations, et le second accompagnera les exportateurs dans l’organisation et la promotion de leurs activités », a-t-il déclaré.
Le président de la République s’est également félicité des progrès réalisés par l’Algérie dans le domaine des exportations hors hydrocarbures, soulignant l’émergence d’un grand nombre d’entreprises publiques et privées dans des secteurs variés, notamment le ciment, les produits miniers, les denrées agricoles et alimentaires.
Il a rappelé que l’atteinte d’un volume de 7 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures il y a deux ans relevait du « miracle », tout en exprimant son espoir de voir ce chiffre atteindre 10 milliards de dollars d’ici la fin de l’année.
Insistant sur la nécessité de sortir de la dépendance aux hydrocarbures, le président Tebboune a aussi affirmé que la production nationale de blé dur permettrait prochainement d’atteindre l’autosuffisance.
Dans le domaine de l’investissement et de l’entrepreneuriat, le chef de l’État a réitéré sa volonté de créer un nouveau climat favorable à l’essor de l’industrie et à l’émergence d’une nouvelle génération de capitaines d’industrie, saluant au passage l’implication des jeunes dans la dynamique économique actuelle.
Il a qualifié cette dynamique, notamment portée par les jeunes investisseurs et les membres du Conseil du Renouveau Économique Algérien, de « noble », car elle profite à la fois à l’État et aux entrepreneurs à travers la relance des exportations et la stimulation de l’investissement.
Enfin, le président Tebboune a exprimé le souhait de voir se développer une nouvelle dynamique d’investissement privé dans le secteur bancaire, afin de renforcer le réseau actuel des banques publiques et privées opérant dans le pays.
T. Feriel

 

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