Don de sang : La générosité à son paroxysme

Chaque soir, une atmosphère particulière règne au Centre de sang de de l’EHU d’Oran avec des dizaines de citoyens qui viennent pour accomplir un geste vital : donner leur sang.
Aux environs de 20h30, les premiers donneurs commencent à arriver au centre qui se transforme rapidement en un espace chargé d’une énergie particulière, celle de la solidarité et de la générosité humaine. Dr Mohamed Didi, médecin coordinateur du Centre, souligne que chaque soir, en moyenne, 50 donneurs se rendent sur place.
Durant cette période, les stocks de sang diminuent, notamment à cause du jeûne et des horaires modifiés. Pour pallier cette insuffisance, le centre d’Oran reste ouvert en soirée et déploie un camion mobile dans les alentours des mosquées et les places publiques. Une moyenne de 20 collectes mobiles sont organisées chaque mois de Ramadhan.
Juste après l’Iftar, le Centre accueille jusqu’à 2 heures du matin ceux qui souhaitent offrir une part d’eux-mêmes malgré la fatigue du jeûne.
Une ambiance feutrée imprègne la salle d’attente, où les visages, éclairés par la lumière tamisée des néons, trahissent l’étendue de la générosité.
L’attente, silencieuse mais chargée d’une énergie collective, est ponctuée de conversations discrètes et de sourires échangés.
Dans cet environnement particulier, l’esprit de solidarité se manifeste pleinement. «Je donne du sang pour sauver des vies, c’est ma façon de participer à l’effort collectif, surtout en ce mois sacré», confie Hamid, un donneur régulier âgé de la quarantaine. Dr Didi précise que la majorité des donneurs de cette période ont entre 40 et 50 ans.
Dans la salle d’attente, un homme plus âgé observe les jeunes avec bienveillance. «C’est important de transmettre cet esprit de partage», dit-il. Ce sexagénaire, en excellente santé, vient donner son sang pour un parent hospitalisé à l’EHU. «Il existe deux catégories de donneurs : des bénévoles et ceux qui offrent leur sang à des proches», explique Dr Didi.
Une équipe de professionnels veille à ce que chaque geste se déroule dans les meilleures conditions. Chaque fiole est soigneusement analysée et stockée pour sauver des vies. «Chaque don compte. Chaque donneur est un héros à sa manière», confie une infirmière.
Dans les couloirs de l’hôpital, les patients attendent avec espoir. Le sang offert en cette période bénie, sera une bouée de sauvetage pour ceux qui en ont besoin.
