Les tensions évacuées: Goïta attendu à Alger

Le président malien Assimi Goïta devrait prochainement effectuer une visite officielle en Algérie, à l’invitation du président Abdelmadjid Tebboune. Cette annonce, confirmée lors de la récente visite du Premier ministre malien Abdoulaye Maïga à Alger, marque une étape majeure dans la relance des relations bilatérales après plusieurs épisodes de tensions diplomatiques.
La visite de Maïga, les 24 et 25 août 2026, avait permis de transmettre au chef de l’État algérien un message de son homologue malien. À cette occasion, le Premier ministre a indiqué que le président Goïta « a naturellement donné son accord » pour une visite officielle en Algérie, consacrant ainsi la volonté des deux pays de renouer un dialogue stratégique. Cette perspective intervient après une période de brouille marquée par la dénonciation par Bamako de l’Accord d’Alger en janvier 2024 et l’incident du drone malien détruit en mars 2025, qui avaient entraîné une rupture diplomatique de 15 mois.
Depuis juillet 2026, Alger et Bamako ont multiplié les gestes d’apaisement : retour des ambassadeurs, réouverture des espaces aériens et reprise des échanges bilatéraux. La visite attendue d’Assimi Goïta devrait consolider cette dynamique et ouvrir une nouvelle phase de coopération. Les discussions porteront sur la sécurité au Sahel, la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, mais aussi sur la coopération économique, notamment dans le domaine énergétique et les projets structurants comme la route transsaharienne.
Au‑delà des enjeux sécuritaires, cette visite revêt une forte portée symbolique. Elle consacrera la volonté des deux pays de tourner la page des tensions et de bâtir une relation durable fondée sur la souveraineté, la non‑ingérence et la solidarité. Alger espère également retrouver son rôle de médiateur dans le Nord malien, plus de deux ans après la suspension de l’Accord de paix de 2015.
Le Premier ministre malien a insisté sur la profondeur des liens historiques et humains, rappelant que plusieurs cadres maliens ont été formés en Algérie. Il a déclaré que « le Mali et l’Algérie sont condamnés à cheminer ensemble, condamnés à œuvrer dans le sens de la prospérité pour les deux peuples ».

D.Z

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