Enfant carbonisé à Blida : La Gendarmerie sur les traces d’un suspect

La Gendarmerie nationale de Blida à diffusé un avis de recherche accompagné d’une photographie du principal suspect après la découverte du corps d’un enfant de 5 ans, retrouvé calciné dans la forêt de Bouinan au lieu-dit El Fernane, dans la commune de Bouinan, sur l’axe menant à la réserve naturelle de Chréa. Selon les premières informations, l’enfant avait disparu après que sa mère, arrêtée en voiture pour effectuer quelques achats, ne l’avait plus retrouvé à son retour.
L’enquête, ouverte par la Gendarmerie nationale de Blida, concerne le meurtre de l’enfant identifié par les initiales Kh.M., âgé de 5 ans, dont le corps calciné a été retrouvé dans la forêt de Bouinan le 23 août 2026, sur ordre du parquet du tribunal de Boufarik. Le suspect activement recherché, un dénommé H.M.A., dont la photographie a été rendue publique, est poursuivi pour meurtre avec préméditation et atteinte à l’intégrité du cadavre d’un mineur par le feu. La Gendarmerie invite toute personne disposant d’informations sur ses déplacements, ou l’ayant aperçu, à contacter l’unité la plus proche, à se présenter au bureau du procureur de la République près le tribunal de Boufarik, ou à emprunter les canaux réglementaires de signalement mis à disposition du public.
Les autorités judiciaires rappellent que la transmission rapide de signalements demeure un maillon logistique déterminant pour l’avancement de l’instruction, et que la coopération directe avec les services de sécurité doit primer sur la simple diffusion virale d’informations sur les réseaux sociaux. Les qualifications pénales et l’établissement des responsabilités restent, en tout état de cause, du ressort exclusif des juridictions saisies.
Ce drame vient allonger une liste déjà longue d’affaires ayant, ces derniers mois, profondément choqué l’opinion publique algérienne. Le cas le plus marquant reste celui du petit Abderrahmane, un enfant de 4 ans porté disparu le 7 octobre 2025 à Chlef et retrouvé mort trois jours plus tard.

Une liste déjà longue

Un drame qui avait ému tout le pays et relancé, dans la foulée, le débat sur le rétablissement de la peine capitale. Depuis le gel de la peine de mort en 1993, l’Algérie a en effet connu plusieurs crimes de ce type visant des enfants, plongeant régulièrement la population dans la stupeur et la colère.
A Sétif, en avril 2022, le corps d’un garçon de 13 ans avait été retrouvé après avoir reçu 46 coups de couteau, le mis en cause étant poursuivi pour meurtre avec préméditation, tortures, enlèvement et agression sexuelle sur mineur, des chefs d’inculpation passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. Quelques années plus tôt, à Béni Méred dans la wilaya de Blida, un enfant de 10 ans avait été enlevé, violé puis poignardé à mort par un voisin récidiviste, une affaire qui avait, elle aussi, ravivé l’indignation locale. Le meurtre de la jeune Chaïma, 18 ans, kidnappée, violée puis brûlée vive dans une station-service abandonnée de Thénia en octobre 2020, reste sans doute le précédent le plus proche du drame de Bouinan par son mode opératoire : son auteur avait été condamné à la peine capitale, une sentence confirmée en appel par la cour de Boumerdès.
C’est dans ce climat qu’une demande citoyenne pressante s’est installée, réclamant l’application effective de la peine capitale pour ce genre d’affaires. Un député du MSP, Ahmed Beldjilali, avait ainsi appelé à un référendum populaire sur l’application de la peine de mort, estimant que cette mesure bénéficiait d’un large consensus au sein de la population, dans la foulée du meurtre de l’enfant de Chlef. Le président de la Cour de Béjaïa, Mustapha Semati, avait pour sa part affirmé que le président Abdelmadjid Tebboune s’était engagé à rétablir la peine de mort lors de l’ouverture de l’année judiciaire 2025-2026, précisant que cette mesure viserait en priorité les auteurs d’enlèvements d’enfants et de trafic de drogue en milieu scolaire.

Pendez-les haut et court

Le Parlement algérien avait d’ailleurs déjà approuvé, dès le mois de juillet 2025, deux lois rétablissant la peine de mort pour ce type de crimes, en réaction directe à la recrudescence des violences et à l’indignation suscitée par plusieurs affaires d’enlèvements et d’assassinats d’enfants.
Sur le plan strictement juridique, la peine capitale n’a en réalité jamais été formellement abolie en Algérie : elle figure toujours à l’article 5 du code pénal parmi les peines criminelles, et l’enlèvement de mineur suivi de décès relève, par renvoi, du régime du meurtre aggravé, mais aucune exécution n’a été appliquée depuis 1993, ce qui vaut au pays le statut de pays « abolitionniste en pratique ». Les tribunaux continuent néanmoins de prononcer des condamnations à mort, au nombre de huit en 2024 contre au moins 38 l’année précédente, selon le rapport mondial d’Amnesty International.
Au total, plusieurs centaines de personnes, environ un millier selon la même source, demeureraient à ce jour dans les couloirs de la mort en Algérie, condamnées mais non exécutées, certaines depuis plusieurs décennies, la grâce présidentielle restant la principale voie de commutation de peine, un dispositif toutefois peu utilisé en pratique.
Ce débat reste cependant loin de faire l’unanimité. Une partie des milieux juridiques et des défenseurs des droits humains met en garde contre le caractère irréversible de la sanction capitale, dans un contexte où les erreurs judiciaires, une fois l’exécution consommée, ne laissent place à aucune réparation possible. D’autres rappellent les engagements internationaux souscrits par l’Algérie en matière de droits de l’homme, qui iraient à rebours d’une reprise des exécutions, dans un mouvement mondial déjà largement engagé vers l’abolition. L’affaire du petit Kh.M., à Bouinan, par son degré de barbarie, ne manquera pas de raviver, une nouvelle fois, cette controverse entre exigence de fermeté pénale et principes de l’État de droit.

G. Salima

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