Mali, Palestine, Liban, Sahara occidental… : Les vérités de l’Algérie devant l’ONU

Le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf, a souligné, ce lundi dans son discours prononcé à la clôture de la 79e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, « l’importance de la Charte des Nations Unies et du respect du droit international en tant que cadre commun unissant tous les pays ».

A ce propos, il a déclaré que « nous disons non à la loi de la force, mais oui à la force de la logique, et au besoin de revenir à la Charte des Nations Unies et aux règles du droit international, auxquelles nous devons tous nous soumettre et respecter sans exception. »
Le ministre a évoqué la situation tragique dans les territoires palestiniens occupés, dénonçant ce qu’il a qualifié de « génocide continu dans la bande de Ghaza depuis près d’un an », et « l’extension récente de cette guerre en Cisjordanie et au Liban ». Il a estimé que « cette escalade israélienne multiforme dans la région n’aurait pas eu lieu sans la négligence de la communauté internationale à prendre des mesures fermes en temps voulu ». Il a ajouté, à ce sujet, que « la communauté internationale aurait dû adopter une position forte en imposant des sanctions et des mesures appropriées contre l’occupation israélienne », comme cela a été appliqué à d’autres parties, conformément au chapitre VII de la Charte des Nations Unies.
M. Attaf a souligné la nécessité absolue d’une réaction urgente de la communauté internationale « pour mettre fin à cette tragédie qui frappe les peuples palestinien et libanais, et freiner l’occupation israélienne, qui cherche à plonger la région dans un cycle interminable de crises, de conflits et de guerres ». Il a également indiqué que « la cause palestinienne traverse une phase historique critique, où il est impossible de revenir en arrière, affirmant que le moment est venu de prendre des mesures sérieuses pour soutenir le projet national palestinien et mettre fin à l’hésitation et à la procrastination », estimant que « cette étape nécessite un soutien total et inconditionnel au droit du peuple palestinien d’établir son État indépendant et souverain, comme solution juste et définitive au conflit israélo-palestinien. »
Ainsi, et du haut de la tribune des Nations Unies, le chef de la diplomatie algérienne a rappelé l’appel du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lancé lors de la session précédente, pour accélérer l’acceptation de l’adhésion pleine et entière de la Palestine à l’ONU. « Notre appel a été lancé dans des circonstances moins complexes et tendues que celles que nous observons aujourd’hui dans les territoires palestiniens occupés, où la cause palestinienne traverse les pires étapes de son histoire. Aujourd’hui, cet appel est plus urgent que jamais, car l’adhésion complète de la Palestine à notre organisation constitue un pas décisif vers la préservation de la solution à deux États », a déclaré M. Attaf.

Affronter les menaces de l’occupation sioniste

M. Attaf a mis, par ailleurs, en garde contre les plans israéliens visant à faire échouer la solution à deux États, les qualifiant de menace réelle pour la sécurité et la stabilité dans la région. Il a souligné que l’adhésion complète de la Palestine à l’ONU contribuerait à contrecarrer ces tentatives et à renforcer les bases de la résolution du conflit israélo-arabe.
En ce qui concerne la question du Sahara occidental, il a affirmé que « l’Algérie continue de soutenir les efforts des Nations unies et de leur envoyé personnel pour parvenir à une solution politique garantissant au peuple sahraoui son droit inaliénable à l’autodétermination », affirmant que « nous confirmons que le colonialisme au Sahara occidental est voué à disparaître, peu importe combien de temps cela prendra, et que les droits légitimes du peuple sahraoui finiront par triompher tôt ou tard». Le ministre a également souligné que « l’Algérie n’acceptera aucune tentative d’imposer un fait accompli », réaffirmant que le peuple sahraoui continuera à revendiquer son droit à l’autodétermination, et que l’Algérie continuera de soutenir ses droits.
Concernant la situation en Libye, le ministre des AE a souligné « la nécessité d’accélérer la résolution du problème des ingérences extérieures, qui épuisent les ressources du pays et accentuent les divisions internes », estimant que « les Libyens ne pourront s’unir et réaliser la réconciliation nationale que par la fin de ces ingérences extérieures ». Il a également affirmé que l’Algérie soutient le peuple libyen dans sa quête pour organiser des élections libres et parvenir à un consensus national en vue de construire une Libye unie et stable.
Sur le continent africain, le ministre a insisté sur le fait que « « l’Algérie aspire à des solutions d’origine africaine pour le développement durable et la résolution des conflits.
Il a déclaré à ce propos que « l’Afrique a besoin de solutions locales qu’elle développe elle-même, en s’appuyant sur ses propres ressources pour éteindre les foyers de conflits et établir la stabilité. » Il a également mis en avant l’importance pour l’Afrique d’investir dans des technologies modernes telles que l’intelligence artificielle et les énergies renouvelables, tout en poursuivant les réformes des institutions financières internationales afin d’assurer une meilleure représentation des pays africains dans le système financier mondial.

Propos « inappropriés »

Quant à la région du Sahel, M. Attaf a réaffirmé la solidarité totale de l’Algérie avec les pays et les peuples de cette région, soulignant que « la sécurité et la stabilité du Sahel sont indissociables de celles de l’Algérie et de l’Afrique du Nord ».
Il a souligné que « l’Algérie croit que la stabilité de la région est liée à la réalisation du développement durable, à la réduction de la pauvreté et à la lutte contre le terrorisme et les changements climatiques qui affectent gravement la région. »
En outre et lors de son discours, M. Attaf a critiqué des propos « inappropriés » tenus par le représentant d’un État voisin, le Mali en l’occurrence, les qualifiant de « paroles basses » qui ne sont pas dignes du cadre des Nations unies. Il a assuré que « l’Algérie ne se laissera pas entraîner par de telles déclarations », précisant qu’elle continuera à répondre avec un langage « poli et raffiné », reflétant les liens profonds qui unissent l’Algérie aux pays et peuples de la région. Le ministre a expliqué que « l’Algérie possède une volonté ferme et continuera à tendre la main à tous ses frères de la région pour bâtir un partenariat basé sur la sécurité, la stabilité et la prospérité pour tous ».
Il a conclu son discours en affirmant que « l’Algérie progresse avec assurance vers le renforcement de la stabilité politique et institutionnelle, dans le cadre de l’approche initiée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune ». Il a assuré que l’Algérie « vise à construire une économie nationale forte et diversifiée, réduisant ainsi la dépendance au secteur des hydrocarbures, tout en renforçant le caractère social de l’État algérien », ajoutant que « l’Algérie avance avec fermeté vers le renforcement de sa position économique en Afrique, ouvrant ainsi la voie à des opportunités de coopération et de partenariats bénéfiques avec divers acteurs. »
Du reste, M. Attaf a insisté sur « l’importance de garder espoir malgré les grands défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui », affirmant que « malgré les difficultés et les dangers que traverse notre monde, nous croyons que l’espoir reste vivant et que l’ambition d’un avenir meilleur est toujours possible. Des crises naissent des opportunités, et du cœur des épreuves jaillit l’espoir. »
Synthèse R.N

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