Mobilisation internationale pour Ghaza : L’Algérie en première ligne à Bogota

À l’initiative du Groupe de La Haye, plus de trente pays se réunissent demain à Bogota, en Colombie, dans le cadre d’un sommet d’urgence historique visant à adopter des mesures concrètes pour mettre fin à la tragédie humanitaire qui ravage la bande de Ghaza depuis octobre 2023. Parmi les États attendus, l’Algérie dont l’engagement en faveur du respect du droit international et de la cause palestinienne se confirme de manière résolue.
Alors que les efforts de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas stagnent, à cause de l’entêtement de Netanyahu à en finir avec la Résistance palestinienne armée, et que de nombreuses puissances occidentales restent silencieuses face aux violations du droit international humanitaire, le Groupe de La Haye entend briser cette inertie. Né de l’initiative de neuf États du Sud global – dont l’Afrique du Sud, la Malaisie et la Colombie – le Groupe agit en dehors des canaux diplomatiques traditionnels pour appliquer le droit existant, et non pour le réécrire.
Aussi, ce sommet de Bogota, co-organisé par l’Afrique du Sud et la Colombie, se veut une réponse directe aux plus de 58 000 morts enregistrés à Ghaza – en majorité des femmes et des enfants – et à l’effondrement des mécanismes internationaux de protection des civils.
Dans ce contexte, l’Algérie joue un rôle clé. Présente à Bogota, elle s’inscrit dans la continuité de son positionnement historique en faveur de la Palestine et de la défense des peuples opprimés. Son engagement, conjugué à celui d’autres nations du Sud global, témoigne d’une volonté de repenser l’équilibre diplomatique mondial en s’appuyant sur les principes de justice et de souveraineté.
L’Algérie apporte ainsi son soutien aux actions engagées devant la Cour internationale de justice par des États comme l’Afrique du Sud, tout en appelant à une mobilisation collective contre l’impunité.
Le Groupe de la Haye
Elle soutient également la résolution de l’ONU du 18 septembre 2024 exigeant la fin de l’occupation israélienne et le démantèlement des colonies avant septembre 2025.
L’objectif de cette conférence dépasse les simples déclarations. Les États participants envisagent l’adoption de sanctions concrètes, comme le gel des transferts d’armes vers Israël, le refus d’accostage aux navires transportant des munitions, ou encore le soutien aux mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale contre des responsables israéliens de haut rang.
Dans un climat tendu, certains pays ont décliné l’invitation par crainte de représailles. Néanmoins, l’Algérie, fidèle à ses principes, réaffirme sa solidarité totale avec le peuple palestinien, ainsi que son refus de toute politique fondée sur la force au détriment du droit.
Outre les membres du Groupe de La Haye, des pays d’Europe et du Moyen-Orient – tels que l’Irlande, la Slovénie, le Liban, le Qatar, l’Espagne ou encore Oman – sont présents, élargissant la portée du sommet. Des figures majeures du système onusien y participent également, comme Philippe Lazzarini, chef de l’UNRWA, et Francesca Albanese, rapporteuse spéciale pour la Palestine, récemment visée par des sanctions américaines.
Le président colombien Gustavo Petro, hôte du sommet, a résumé l’enjeu dans les colonnes du Guardian : « Si la Palestine meurt, l’humanité meurt. Le temps des demi-mesures est révolu. »
Alors que le système international fondé sur le droit vacille sous les coups d’une realpolitik armée, l’Algérie et ses partenaires veulent inverser la tendance. Comme hier face à l’apartheid sud-africain, l’union des États peut constituer un levier puissant de pression. L’exemple historique du boycott des armes contre Pretoria, qui avait précipité la chute du régime raciste, sert aujourd’hui de référence.
Ce 15 juillet, à Bogota, une alternative s’élabore : celle d’un Sud global debout, décidé à faire respecter le droit, à défendre la justice, et à rappeler que le sort des Palestiniens engage l’avenir de l’humanité entière.
T. Feriel
