Nouveau Barrage vert : Plus de 42.000 h reboisés

Le programme de réhabilitation et d’extension du Barrage vert poursuit sa montée en puissance. Depuis son lancement en 2023, plus de 42 000 hectares ont été plantés, tandis que de nouvelles opérations couvrant plus de 34 000 hectares sont prévues au titre de la campagne 2026-2027. Les pouvoirs publics misent sur ce chantier d’envergure pour lutter contre la désertification, restaurer les écosystèmes et soutenir le développement rural.
Les superficies plantées dans le cadre du programme national de réhabilitation, d’extension et de développement du Barrage vert ont atteint 42.376 hectares durant la période 2023-2026, selon les données communiquées par la Direction générale des forêts (DGF). Ce vaste programme, considéré comme l’un des principaux projets environnementaux du pays, entre désormais dans une nouvelle phase marquée par l’élargissement des opérations de plantation et de restauration écologique.
Pour la campagne 2026-2027, les autorités prévoient la mise en terre de nouvelles plantations sur une superficie de 47.917 hectares, dont 34.318 hectares directement inscrits au titre du programme du Barrage vert. À cet effet, près de 38,8 millions de plants forestiers, fruitiers et pastoraux seront mobilisés, parmi lesquels 27,45 millions destinés spécifiquement au Barrage vert.
Au-delà de sa vocation environnementale, le programme contribue au développement des activités agricoles dans les régions concernées. Selon la DGF, les opérations réalisées depuis 2023 ont permis la plantation de quelque 1,4 million d’oliviers et 1,1 million de caroubiers au profit des agriculteurs ruraux.
D’autres espèces adaptées aux conditions climatiques locales ont également été introduites, notamment l’amandier, l’oléastre, le figuier, le châtaignier, le cerisier et le pistachier. Cette diversification vise à renforcer les revenus des populations rurales tout en favorisant l’extension du couvert végétal.
Les nouvelles plantations s’inscrivent dans une stratégie plus large de restauration écologique. Les opérations programmées visent notamment la reconstitution du couvert végétal, la préservation de la biodiversité et la réhabilitation des espaces touchés par les incendies de forêt ou par diverses formes de dégradation environnementale.
Les interventions concerneront également les paysages forestiers, les écosystèmes steppiques et sahariens, les nappes alfatières, les bassins versants ainsi que les zones montagneuses, considérées comme particulièrement vulnérables aux effets des changements climatiques.
La réalisation des travaux sera assurée par des entreprises publiques, notamment le Groupe de génie rural (GGR), en partenariat avec des opérateurs privés.
Parallèlement aux opérations de reboisement, la Direction générale des forêts poursuit sa politique de valorisation économique du domaine forestier national. Dans ce cadre, 141 forêts récréatives ont été identifiées à travers 31 wilayas. Parmi elles, 77 ont déjà fait l’objet d’attributions, couvrant une superficie globale de 1.374 hectares.
Le secteur a également créé 363 périmètres d’autorisation d’usage s’étendant sur 14.814 hectares au profit de 3.710 bénéficiaires, dont 223 femmes. La superficie effectivement valorisée atteint à ce jour 9.083 hectares.
Ces espaces sont destinés principalement aux plantations arboricoles rustiques, aux cultures paraforestières et aux projets forestiers générateurs de revenus. Selon la DGF, ce dispositif contribue simultanément à la préservation du patrimoine forestier, à la création d’activités économiques locales et au développement des filières forestières.
Officiellement relancé le 29 octobre 2023 à Djelfa par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le programme de réhabilitation et d’extension du Barrage vert bénéficie d’une enveloppe financière de 75 milliards de dinars.
Créé à l’origine pour enrayer l’avancée du désert, le Barrage vert constitue l’un des plus importants projets de reboisement en Afrique. Il s’étend sur près de 4,7 millions d’hectares, sur plus de 1.500 kilomètres de longueur et une largeur moyenne d’une vingtaine de kilomètres, traversant treize wilayas steppiques.
Face aux défis liés à la désertification, à la dégradation des terres et aux changements climatiques, les autorités considèrent aujourd’hui ce programme comme un instrument majeur de protection des ressources naturelles, de préservation de la biodiversité et de développement durable des territoires steppiques.
M.S

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