Nouvelle campagne nationale de vaccination : La lutte contre la poliomyélite relancée
L’Algérie a lancé, hier, une vaste campagne nationale de vaccination contre la poliomyélite, visant à immuniser plus de 4,4 millions d’enfants âgés de 2 à 59 mois. L’opération, pilotée par le ministère de la Santé et soutenue par l’OMS et l’UNICEF, vise à renforcer l’immunité collective et à prévenir toute résurgence de la maladie.
Au total, 4 425 502 enfants seront vaccinés dans 274 établissements de santé publique de proximité, jusqu’à fin janvier 2026.
La campagne s’organise en trois phases — du 30 novembre au 6 décembre, du 21 au 27 décembre, puis du 25 au 31 janvier — ce dernier cycle étant destiné à l’administration du vaccin injectable (VPI).
Le ministère précise que tous les enfants de la tranche visée doivent participer, y compris ceux ayant déjà reçu leurs doses habituelles.
Pourquoi maintenant ? Cette mobilisation intervient après la détection de cas sporadiques de poliovirus dérivé d’une souche vaccinale de type 2 (VDPV2) dans certaines wilayas. Malgré ces signaux, l’Algérie maintient son statut de pays libre de poliovirus sauvage, obtenu en 2016. Les autorités de santé insistent sur le fait que la campagne de vaccination ne remet pas en cause cette certification, mais vise à renforcer la protection collective face au risque de réapparition.
Pour contrer la menace des variants, le ministère a adopté une stratégie combinée : l’utilisation du vaccin oral de type 2, reconnu efficace contre les souches dérivées, et du vaccin injectable VPI pour garantir une immunité optimale. Ce double schéma vise à interrompre toute chaîne de transmission et à consolider l’immunité de groupe.
La campagne a été saluée par les responsables de l’enfance, l’OMS et l’UNICEF, qui insistent sur l’importance de la participation massive des parents. Tous s’accordent à dire que seule une couverture vaccinale élevée, généralisée et rapide permettra d’assurer un avenir sans poliomyélite pour les enfants algériens.
La poliomyélite reste une maladie grave, pouvant entraîner une paralysie irréversible, voire le décès, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans. Elle se transmet principalement par voie oro-fécale, via des mains souillées, de l’eau ou des aliments contaminés. Aucun traitement curatif n’existe — seule la vaccination constitue une méthode sûre et efficace de prévention.
Face à l’apparition de cas de poliovirus dérivé, l’Algérie affirme sa détermination à maintenir un niveau de protection maximal et à mobiliser l’ensemble de la société autour de cet enjeu majeur de santé publique.
T. Feriel
