Pour plus d’efficience des opérations de paix : Bendjama plaide pour un processus de consultation « inclusif »

À l’heure où les Nations unies traversent une période de mutations et de tensions sécuritaires accrues, l’Algérie a appelé à une refonte des mécanismes de maintien de la paix. Intervenant mardi devant le Conseil de sécurité, l’ambassadeur Amar Bendjama, représentant permanent de l’Algérie à l’ONU, a plaidé pour un processus de consultation « inclusif », indispensable selon lui pour garantir des opérations plus efficaces et mieux adaptées aux réalités du terrain.
« Nous en sommes à un tournant dans les opérations de paix de l’ONU », a souligné le diplomate, estimant que les mandats actuels manquent de souplesse. Trop souvent, a-t-il rappelé, les résolutions de renouvellement « se contentent d’ajustements techniques mineurs » alors qu’elles devraient s’appuyer sur les dynamiques locales et les initiatives en cours pour renforcer l’impact des missions.
Bendjama a également insisté sur la nécessité d’une impartialité accrue dans la rédaction des résolutions. Les pays chargés de porter plume au Conseil, a-t-il noté, « doivent dépasser leurs positions nationales » et intégrer les points de vue de l’ensemble des membres afin de parvenir à des solutions durables.
S’agissant du rôle des partenaires régionaux, le représentant algérien a mis en avant l’importance de l’Union africaine (UA), appelant à la considérer comme un partenaire stratégique et non comme un simple acteur militaire à moindre coût. « L’application rigoureuse du chapitre 8 de la Charte des Nations unies s’impose », a-t-il insisté, tout en plaidant pour la mise en place de mécanismes trilatéraux associant l’ONU, les pays fournisseurs de contingents et les États membres désireux de partager leurs expériences.
Dans ce cadre, l’Algérie entend renforcer son rôle de formateur et de partenaire sur le continent. Bendjama a rappelé qu’Alger a déjà contribué à la formation de plus de 17.000 agents africains issus de 30 pays au cours des dernières décennies, et reste prête à élargir sa coopération en matière de renforcement des capacités.
Au plan budgétaire, le diplomate a reconnu les contraintes financières actuelles, mais a invité à les considérer comme « un catalyseur de réforme » plutôt qu’un obstacle. La recherche de rentabilité, a-t-il précisé, doit reposer sur une gestion optimale des ressources, et non sur des « coupes budgétaires aveugles » qui fragiliseraient l’efficacité des opérations.
M. Salah
