Préparation d’attentats terroristes: 12 ans de prison pour deux accusés

Le tribunal criminel d’Oran a condamné deux personnes à 12 ans de réclusion criminelle pour préparation d’actes terroristes, atteinte à la sûreté de l’État et soutien à des groupes terroristes via l’utilisation de moyens de communication électroniques. Un troisième accusé, poursuivi pour non-dénonciation d’un crime terroriste, a écopé de trois ans de prison ferme.
Les faits remontent au 28 juillet 2024, lorsqu’un appel anonyme reçu sur le numéro vert 1548 de la Sûreté de wilaya d’Oran a alerté sur une attaque terroriste imminente. L’appel, émis depuis un numéro de l’opérateur Djezzy, prétendait que 40 terroristes venus de Tlemcen s’apprêtaient à cibler un général de la caserne militaire d’Eckmühl. L’auteur de l’appel a également proféré de violentes insultes contre les autorités algériennes et le président de la République.
Mobilisée, la police a réussi à localiser le numéro en moins de 24 heures. Dans la nuit du 29 juillet à minuit, l’auteur du message a été identifié et arrêté : il s’agit d’un certain M. Houari.
Initialement dans le déni, le mis en cause a fini par reconnaître avoir passé l’appel, tout en niant toute affiliation à un groupe terroriste. Il a affirmé avoir agi sur instigation de son frère Ghalem et d’un ami, H. Noureddine, domicilié à Protin. Il a également reconnu avoir consulté les contenus de Zitout, Amir DZ et d’autres figures connues pour leur propagande mais sans lien direct avec eux. Il a précisé que l’appel avait été lancé depuis les abords de la 2e Région militaire, qu’il connaissait bien.
Quant au deuxième accusé, B. Abdallah, il est décrit par M. Houari comme celui qui, depuis 2023, tentait de le recruter pour rejoindre Daech à l’étranger, et le poussait à commettre des actes terroristes à Oran. Il aurait également tenté de localiser le domicile d’un général à Eckmühl et aurait simulé un handicap mental pour surveiller ses déplacements. Ce dernier a nié catégoriquement toutes les accusations, soutenu en cela par H. Noureddine, le troisième accusé.
Il est à noter que B. Abdallah, alias «Rouget» a déjà été condamné à plusieurs reprises pour association de malfaiteurs, apologie de groupes terroristes et détention d’armes blanches. En février 2015, il avait participé à une opération d’embrigadement dans le quartier de Kouchet El-Djir, avec d’autres individus vêtus de tenues afghanes et cagoulés, circulant en voitures équipées de haut-parleurs. Ils appelaient les jeunes à rejoindre Daech pour combattre en Syrie et en Irak. Une intervention rapide des forces de sécurité avait alors permis l’arrestation du groupe et la saisie de documents de propagande djihadiste et d’armes blanches. L’enquête avait aussi révélé des campements clandestins sur la plage de Cap Blanc, utilisés pour échapper à la surveillance. Lors du procès, le représentant du ministère public a qualifié les faits d’«extrême gravité», et requis dix ans de réclusion contre M. Houari et B. Abdallah, et trois ans contre H. Noureddine. Le tribunal a finalement alourdi les peines.
La défense a plaidé la non-culpabilité, mettant en avant le manque de discernement de certains prévenus et l’absence de preuves tangibles d’adhésion à une organisation terroriste.

Zemmouri L.

Bouton retour en haut de la page