Lutte contre le terrorisme et le crime organisé: Le modèle algérien

Le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Brahim Boughali, a déclaré mardi à Alger que l’approche adoptée par l’Algérie en matière de lutte contre le terrorisme constitue un modèle à suivre à l’échelle régionale et internationale.
Lors d’une journée parlementaire consacrée au thème « Approche algérienne dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé », M. Boughali a mis en avant le caractère global de cette stratégie qui repose sur plusieurs piliers : tarir les sources de financement du terrorisme, lier la paix et la sécurité au développement et renforcer la coordination internationale. Grâce à cette méthode intégrée et aux sacrifices consentis par le peuple algérien, le pays est parvenu à vaincre le terrorisme sans aide extérieure. Cette réussite a fait de l’Algérie une référence dans le domaine.
L’un des axes majeurs de cette approche concerne la gestion du discours religieux. L’Algérie a mis l’accent sur la promotion d’un discours religieux modéré, visant à diffuser les valeurs de tolérance, de juste milieu et de rejet de l’extrémisme sous toutes ses formes.
Boughali a également souligné les efforts constants de l’Algérie pour renforcer la coopération régionale et internationale en matière de lutte contre le terrorisme. Il a rappelé à ce titre l’initiative du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en tant que coordonnateur de l’Union africaine (UA) dans la prévention et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Cette initiative vise à soutenir les efforts internationaux, notamment dans la région du Sahel et du Sahara, en consolidant une action africaine commune.
Le président de l’APN a également évoqué l’adoption, en janvier dernier, par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une déclaration présidentielle proposée par l’Algérie. Ce texte met en lumière l’importance d’une architecture institutionnelle pour la lutte contre le terrorisme en Afrique, reflétant ainsi l’engagement de la communauté internationale à soutenir les efforts du continent.
Abordant la question du crime organisé, Boughali a mis en garde contre la complexité croissante de ce phénomène. Il a souligné que le crime organisé est désormais un réseau structuré qui englobe plusieurs activités illicites : traite des êtres humains, trafic de migrants, blanchiment d’argent et trafic d’armes.

Projet de loi sur l’immigration clandestine

Selon lui, ce défi impose une réponse globale fondée sur trois axes : la dissuasion juridique, la coordination sécuritaire transfrontalière et la coopération judiciaire. L’Algérie a déjà mis en place des mécanismes juridiques et sécuritaires pour criminaliser ces activités, considérées comme une source de financement du terrorisme.
Le président de l’APN a également insisté sur la nécessité de renforcer la sécurité numérique face aux nouvelles menaces dans le cyberespace. L’Algérie a ainsi mis en place un système national de protection des systèmes d’information afin de renforcer la capacité de résilience de l’État face aux cyberattaques.
Boughali a rappelé que l’Algérie, après avoir triomphé du colonialisme, a poursuivi son combat contre le terrorisme, la corruption et les dérives qui menaçaient de déstabiliser les institutions de l’État. Il a salué la réussite de cette transition vers une « nouvelle Algérie » fondée sur le rétablissement de l’autorité de l’État et la consolidation de la confiance des citoyens dans les institutions nationales.
Lors de cette rencontre, les intervenants ont estimé que le développement de l’approche économique et sociale, en complément de l’approche sécuritaire, permettrait de mieux lutter contre le terrorisme et le crime organisé. Dans ce contexte, ils ont souligné l’importance d’accorder une attention particulière au développement, notamment dans les zones frontalières. Ils ont également appelé à la mise en place de nouveaux mécanismes de lutte contre la traite des êtres humains et l’immigration clandestine, considérant que ces phénomènes constituent une source majeure de financement du crime organisé.
Les participants ont ainsi recommandé l’élaboration d’un projet de loi sur l’immigration clandestine, tout en renforçant la coordination avec les pays voisins, en particulier ceux du Sahel, afin de trouver des solutions proactives pour assécher les sources du terrorisme.
Il a été également insisté sur l’importance de surveiller les idéologies extrémistes à tendance séparatiste ainsi que les discours religieux radicalisés. Les participants ont recommandé le développement d’un discours médiatique efficace pour contrer la propagande terroriste et la poursuite du processus de réconciliation nationale.
Par ailleurs, ils ont proposé l’émission d’un timbre commémoratif symbolisant l’unité nationale et la lutte contre le terrorisme.
Au cours de cette rencontre, plusieurs interventions ont été présentées. Le représentant du ministère de la Défense nationale, Omar Mohamedi, a exposé dans sa conférence les premières étapes de l’apparition de la pensée extrémiste en Algérie, ses conséquences et la stratégie adoptée par l’État algérien à partir des années 1990 pour faire face au terrorisme.
Le représentant du ministère de la Justice, Abderazak Bensalem, a abordé le cadre juridique et judiciaire mis en place par l’Algérie pour éradiquer le terrorisme et prendre en charge ses victimes sous tous leurs aspects.
De son côté, le représentant du Centre africain d’études sur le terrorisme (basé à Alger), Richard Bou, a insisté sur la nécessité d’investir dans le développement et la prise en charge des problèmes des jeunes, qu’il considère comme la cible principale des réseaux criminels et terroristes.
T. Feriel

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