Comité spécial de la décolonisation : Alger réaffirme son soutien aux Sahraouis

L’ambassadeur Amar Bendjama, représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, a réitéré mardi devant le Comité spécial de la décolonisation (C-24) que la question du Sahara occidental demeure une question de décolonisation relevant clairement d’un conflit opposant le Maroc au Front Polisario, appelant à une reprise immédiate et substantielle des négociations directes entre les deux parties.
Dans une déclaration prononcée lors de la session consacrée à la situation dans ce territoire non autonome, occupé par le Maroc depuis 1975, M. Bendjama a rappelé que le Sahara occidental figure à l’ordre du jour des Nations unies depuis 1963 et que la nature du conflit ne souffre d’« aucune ambiguïté ».
Le diplomate algérien a déploré que, malgré plus de 60 ans de débats à l’Assemblée générale, le référendum d’autodétermination promis aux Sahraouis n’ait toujours pas été organisé, en dépit de la résolution 2229 de l’ONU, qui consacre ce droit fondamental. Il a également exprimé sa préoccupation face à l’inefficacité de la MINURSO, la mission onusienne mise en place en 1991 pour superviser l’organisation du référendum, soulignant qu’elle peine toujours à accomplir sa mission principale.
M. Bendjama a mis en lumière les références juridiques internationales qui confirment le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, notamment l’avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) de 1975, qui avait écarté tout lien juridique entre le Maroc et le territoire du Sahara occidental.
Il a également évoqué l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’octobre 2024, qui a annulé un accord de pêche entre l’UE et le Maroc en raison de l’absence de consultation du peuple sahraoui, réaffirmant ainsi le statut distinct du territoire.
L’ambassadeur algérien a également dressé un constat alarmant de la situation des droits de l’Homme dans les territoires occupés, citant notamment les restrictions policières, les détentions arbitraires, l’interdiction d’accès pour les observateurs internationaux et les expulsions de parlementaires européens. « Tout se passe en vase clos », a-t-il déclaré, appelant le Comité de décolonisation à mobiliser tous ses outils pour protéger les droits du peuple sahraoui et faire avancer le processus de décolonisation.
Pour conclure, Amar Bendjama a souligné qu’une seule issue est possible pour régler durablement le conflit : « La reprise immédiate et substantielle des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario, en vue d’une solution juste, durable, et garantissant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. »
T. Feriel

Bouton retour en haut de la page