Remaniement ministériel :Coup de projo sur le secteur minier

Le dernier remaniement gouvernemental a marqué un tournant décisif pour le secteur minier en Algérie. Désormais séparé des hydrocarbures dans une structure ministérielle indépendante, ce secteur s’affirme comme un levier stratégique dans la politique nationale de diversification économique. C’est ce qu’a souligné Djamel Eddine Chouatri, chef de cabinet de la secrétaire d’État chargée des Mines, lors de son intervention, lundi, au « Forum El Oula » de la Radio algérienne.
Selon lui, cette évolution témoigne de la volonté de l’État de donner une place centrale aux mines dans la dynamique de croissance hors hydrocarbures. « Les priorités sont claires : créer de la valeur ajoutée en valorisant les ressources locales, rompre avec l’exportation brute et appuyer le développement local grâce aux grands projets structurants », a-t-il affirmé.
Parmi ces projets phares figurent Gara Djebilet, immense gisement de fer situé dans le sud-ouest, et le complexe de phosphate dans l’est du pays. « Ce sont des investissements qui ne se limitent pas à l’exploitation minière, mais qui visent à stimuler l’économie des régions hôtes, générer des emplois et réduire la facture d’importation », a précisé M. Chouatri.
Le responsable a également insisté sur le rôle clé de la loi 25-12, adoptée récemment pour encadrer les activités minières. « Elle constitue la pierre angulaire de notre stratégie. C’est un instrument juridique et opérationnel qui traduit la volonté politique de l’État : encourager l’investissement, simplifier les démarches, garantir la souveraineté sur nos richesses et protéger l’environnement », a-t-il expliqué.
Dans le détail, le projet de phosphate devrait produire 6 millions de tonnes d’engrais par an, couvrant largement les besoins de l’agriculture nationale tout en ouvrant la voie à l’exportation. Le projet zinc de Béjaïa, quant à lui, prévoit de traiter deux millions de tonnes de minerai par an pour produire 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb, des intrants essentiels pour l’industrie locale et compétitifs à l’international.
Les retombées sociales sont tout aussi significatives : à l’horizon 2040, Gara Djebilet devrait créer près de 25 000 emplois, tandis que le projet phosphate pourrait en générer jusqu’à 12 000. Pour accompagner ces ambitions, le secteur minier collabore avec l’Enseignement supérieur et la Formation professionnelle afin de former une main-d’œuvre qualifiée. Des écoles spécialisées, des formations ciblées et l’intégration des nouvelles technologies sont au programme, avec le concours d’experts étrangers.
Enfin, M. Chouatri a rappelé que la stratégie nationale inclut aussi la prospection de minerais à haute valeur ajoutée. Le premier programme triennal, lancé en 2021, a déjà permis de lancer 26 projets dans 17 wilayas. Un second plan, en préparation, devrait ajouter 17 projets supplémentaires.
M. Salah

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