Réserves de change, pouvoir de change, dialogue national… : Tebboune déroule devant la presse

Lors de son traditionnel entretien avec les médias nationaux, diffusé vendredi soir sur les chaînes de télévision et de radio nationales, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a dressé un large état des lieux de la situation économique et sociale du pays. Réserves de change, politique d’importation, pouvoir d’achat, dialogue national et feuille de route gouvernementale ont été au cœur de ses déclarations.
Le chef de l’État a affirmé que les réserves de change de l’Algérie « se situent actuellement à un niveau acceptable », couvrant les importations pour une durée allant jusqu’à une année et demie, malgré le recul des cours du pétrole. Cette relative amélioration est attribuée, selon lui, à la dynamique enclenchée ces derniers mois, notamment grâce aux accords signés lors de la Foire commerciale intra-africaine (IATF-2025), organisée à Alger début septembre, qui devraient stimuler les exportations hors hydrocarbures.
Sur un autre plan, il a rappelé la récente révision de l’allocation touristique, portée à 750 euros en juillet dernier, indiquant qu’« environ 470.000 citoyens ont déjà voyagé à l’étranger » depuis son entrée en vigueur. Le montant global des allocations distribuées est estimé à près de 400 millions d’euros.

Equilibre entre importation et production locale

Le Président Tebboune a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de bâtir un équilibre entre les importations et la production nationale, tout en réfutant tout lien avec une politique d’austérité. « Il ne s’agit pas de priver les Algériens, encore moins les jeunes, de produits ou de marques internationales », a-t-il expliqué. L’objectif est, selon lui, de renforcer la souveraineté économique du pays en réduisant les importations superflues qui avaient, par le passé, « épuisé le Trésor public sans améliorer la situation ».
Cet équilibre n’est toutefois « pas facile à atteindre », a reconnu le Président, soulignant que la clé réside dans la numérisation des procédures et des échanges économiques. « Nous espérons y parvenir d’ici la fin de l’année, car le seul moyen de protéger le pays est la numérisation », a-t-il affirmé.
Le chef de l’État a également tenu à rassurer : « Il n’y a pas de politique de pénurie. S’il existe des fluctuations pour certains produits, elles ne doivent pas être assimilées à un manque organisé. Certaines parties cherchent à provoquer artificiellement des pénuries, mais nous restons vigilants. »

Salaires, bourses estudiantine et feuille de route

Abdelmadjid Tebboune a réitéré son engagement à augmenter salaires et allocations dès 2026, notamment les revenus des fonctionnaires, l’allocation chômage, la bourse étudiante, et éventuellement les pensions de retraite selon les capacités de l’État. « La différence entre promesses et engagements est claire. Mes engagements étaient écrits et ils seront tenus », a-t-il martelé, en assurant que l’objectif demeure l’amélioration du pouvoir d’achat des Algériens.
Le chef de l’État a également évoqué le prochain dialogue national, annoncé pour la période allant de fin 2025 au début de 2026. Il a précisé que son lancement est conditionné par la définition de ses modalités d’organisation : « Le dialogue ne peut commencer que lorsque ses mécanismes sont clairs, afin de permettre à chacun de faire entendre sa voix et de bâtir une démocratie sans désordre. »
Ce processus devra inclure les partis politiques, mais aussi les forces vives de la société. À ce sujet, le président a regretté le retard pris dans l’adoption de la loi sur les partis, qui aurait dû constituer un cadre de référence pour leur participation. « Les partis sont indispensables dans une démocratie, et le dialogue entre l’État et les formations politiques est impératif », a-t-il insisté, en soulignant que la liberté d’expression et l’accès aux médias leur sont garantis, « à condition que le respect mutuel soit préservé ».
Enfin, le Président Tebboune a tenu à rappeler que le nouveau gouvernement travaille sur la base d’une feuille de route claire pour les deux prochaines années. Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a été choisi, selon lui, pour son expérience de terrain et sa capacité à veiller à l’application effective des décisions présidentielles. « Nous avançons avec des objectifs chiffrés, loin des slogans », a affirmé le chef de l’État.
Saluant les efforts de modernisation du secteur agricole, il a également mis en avant la nomination de Yacine Mahdi Oualid au ministère de l’Agriculture, convaincu que son profil permettra de « faire entrer l’agriculture algérienne dans une nouvelle ère technologique ».
Concernant la représentation des femmes dans l’exécutif, limitée actuellement à neuf ministres, le président a reconnu que ce chiffre restait insuffisant. Il a réaffirmé sa volonté de renforcer la présence féminine dans les postes de décision, en rendant hommage aux femmes algériennes « qui ont contribué à la libération du pays et doivent aujourd’hui participer pleinement à la vie politique et économique ».
G. Salima

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