Révision de l’Accord entre l’Algérie et l’UE: Redéfinir les relations économiques

L’économiste Dr. Houari Tighersi a souligné, hier, l’importance de la décision de l’Algérie de réviser l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) afin de redéfinir les relations économiques entre les deux parties sur des bases équitables et équilibrées, indépendamment de toute influence politique ou conjoncturelle. Selon lui, cette démarche reflète la volonté politique affirmée de l’État algérien, sous la direction du président Abdelmadjid Tebboune.
Présent à l’émission « L’Invité du Matin » sur la Chaîne 1 de la Radio nationale, Dr. Tighersi a souligné que cette révision est motivée par une volonté politique de haut niveau, particulièrement dans un contexte de stabilité économique et financière accrue en Algérie.
Il a affirmé qu’avec les transformations économiques actuelles, il est impératif de revoir cet accord pour qu’il corresponde aux nouvelles exigences du pays. La priorité est désormais de bâtir un partenariat fondé sur l’égalité, répondant aux besoins de développement et de diversification économique. Cette révision, estime-t-il, pourrait marquer un nouveau départ pour une collaboration mutuellement bénéfique.
Dr. Tighersi a ainsi mis en avant l’importance de développer des partenariats réels dans des domaines stratégiques tels que la technologie, l’éducation, l’industrie et les énergies renouvelables. Il a insisté sur le fait que la coopération avec l’UE doit aller au-delà de la simple importation de biens européens et inclure un soutien actif dans ces secteurs clés.
Il a également relevé un déséquilibre flagrant dans les échanges commerciaux : environ 50 % des échanges de l’Algérie sont réalisés avec l’UE, mais cela entraîne des pertes annuelles estimées à plus de 5 milliards de dollars. De plus, l’UE n’a pas suffisamment contribué à l’accompagnement technologique ou aux investissements stratégiques, notamment dans l’agriculture et les énergies renouvelables.
En 2025, selon Dr. Tighersi, l’Algérie dispose de solides atouts économiques pour renégocier cet accord. Elle est passée d’un pays largement dépendant des importations (engrais, produits alimentaires, automobiles) à un producteur capable de couvrir ses besoins internes, voire de réaliser des excédents dans plusieurs secteurs.
Il a notamment souligné les succès de l’Algérie dans la production d’engrais et l’exportation de produits agricoles, comme les oignons vers les pays du Golfe, renforçant ainsi sa position économique et sa capacité à négocier en fonction de ses propres intérêts.
Dr. Tighersi a critiqué l’UE pour ne pas avoir respecté certaines clauses essentielles de l’accord, comme le transfert de technologies et la coopération dans des secteurs vitaux tels que l’énergie, l’éducation et l’industrie. Il a également dénoncé le manque d’engagement de l’UE dans l’accompagnement des réformes bancaires et numériques en Algérie.
Par ailleurs, il a mentionné que l’UE n’a pas facilité la mobilité des personnes, malgré les dispositions prévues à cet effet, ce qui complique les démarches pour les citoyens algériens.
En matière de soutien aux secteurs agricole et minier, Dr. Tighersi a souligné que l’UE n’a pas fourni l’appui nécessaire, malgré leur importance cruciale pour l’économie algérienne.
Dr. Tighersi appelle également à une refonte complète des relations économiques avec l’UE, basée sur des intérêts mutuels et un soutien concret dans les secteurs stratégiques. Cette révision pourrait ouvrir une nouvelle ère de coopération durable, assurant des avantages réciproques et un équilibre équitable entre les deux parties.
Ch.G

 

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