Pouvoir d’achat: Mieux encadrer les intermédiaires

Face aux tensions récurrentes sur les prix de plusieurs produits de large consommation, le Gouvernement entend renforcer les mécanismes de contrôle du marché. A ce propos, la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amal Abdelatif, a annoncé la préparation de nouveaux textes visant à encadrer l’activité des intermédiaires commerciaux et à plafonner les marges bénéficiaires tout au long des chaînes de production et de distribution.
Présentant le projet de loi de finances 2027 devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), la ministre a indiqué que son département travaillait à l’élaboration des textes réglementaires nécessaires à la mise en œuvre des récentes orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en matière de contrôle des prix et de préservation du pouvoir d’achat.
Ces mesures interviennent dans un contexte marqué par une attention particulière des pouvoirs publics aux prix des produits de consommation courante. Ces derniers mois, les autorités ont multiplié les interventions pour assurer la disponibilité de plusieurs denrées stratégiques et lutter contre les pratiques spéculatives, notamment dans les filières des viandes rouges, des produits agricoles et des produits importés.
Selon la ministre, les futurs dispositifs réglementaires viseront à mieux organiser l’activité des intermédiaires intervenant entre les producteurs et les consommateurs. L’objectif est également de fixer des plafonds de marges bénéficiaires tenant compte des coûts réels de production, de transport et de commercialisation.
Les autorités estiment en effet que les écarts parfois observés entre les prix à la production et ceux pratiqués sur le marché final résultent souvent de dysfonctionnements dans les circuits de distribution ou d’interventions multiples d’intermédiaires, générant des surcoûts supportés par le consommateur.
Amal Abdelatif a souligné que les instructions présidentielles accordent une importance particulière au suivi quotidien de l’évolution des prix et de la disponibilité des produits de base.
Dans ce cadre, le ministère prévoit de renforcer la surveillance locale en coordination avec les walis et les directions locales du commerce. Les opérations de contrôle sur le terrain seront intensifiées afin d’identifier rapidement les déséquilibres du marché, d’en déterminer les causes et de mettre en œuvre les mesures correctives nécessaires.
Parallèlement, le ministère travaille avec le ministère de l’Intérieur et le Haut-Commissariat à la numérisation à la création d’une base de données numérique commune.
Cette plateforme permettra de centraliser et d’analyser en temps réel les données relatives aux stocks, à l’approvisionnement et aux prix des produits de consommation. Elle sera accompagnée d’un système d’alerte précoce destiné à signaler les augmentations inhabituelles de prix ou les perturbations dans la disponibilité de certaines marchandises. L’objectif affiché est de disposer d’outils d’analyse plus performants afin de faciliter la prise de décision et d’améliorer la réactivité des pouvoirs publics.
Le dispositif envisagé comprend également des mécanismes de collecte et de stockage des surplus de production nationale. Ces excédents pourraient être remis sur le marché en cas de tension sur l’offre ou de hausse excessive des prix.
D.Z

Bouton retour en haut de la page