Souveraineté alimentaire: Quid des coopératives agricoles ?
Invité de la Radio nationale, l’économiste Ahmed Hidoussi a souligné que les autorités misent fortement sur le secteur agricole pour renforcer la croissance et assurer la sécurité alimentaire. Selon lui, l’agriculture constitue un pilier essentiel de la stratégie nationale visant à accroître le produit intérieur brut et à diversifier l’économie.
Hidoussi a rappelé que, malgré des ressources considérables, le secteur agricole reste marqué par des fluctuations de performance. C’est pourquoi le dernier Conseil des ministres, présidé par le président Abdelmadjid Tebboune, a décidé la création de coopératives agricoles, sur la base des résultats du recensement général de l’agriculture réalisé en 2025.
Ce recensement a mis en évidence les difficultés rencontrées par les agriculteurs, notamment l’accès limité aux équipements modernes. Pour y remédier, le chef de l’État a ordonné la mise en place d’un Conseil national de la mécanisation et confié au groupe agroalimentaire Agrodiv la mission de louer du matériel agricole aux coopératives, afin de moderniser les pratiques et améliorer la productivité.
Concernant la nature des coopératives, Hidoussi a affirmé qu’elles représentent à la fois un choix économique stratégique et un outil de souveraineté, car elles permettront de réduire la facture des importations alimentaires, estimée entre 9 et 10 milliards de dollars par an, et de renforcer l’autonomie du pays.
Il a rappelé que l’Algérie dispose de près de 40 millions d’hectares de terres arables, dont seulement 8,5 millions sont exploités. Le pays compte environ 1,2 million d’investisseurs agricoles, dont 70 % concentrés dans le Nord, avec des exploitations de 4 à 8 hectares en moyenne. En revanche, dans le Sud, les superficies attribuées dépassent souvent les 10 000 hectares, offrant un potentiel considérable pour l’agriculture intensive.
Selon l’économiste, la majorité des exploitants du Nord pratiquent une agriculture de type jardinage, faute de moyens financiers pour acquérir du matériel moderne. Or, l’agriculture moderne exige une intensification de la production grâce à la mécanisation, aux engrais et aux technologies avancées. Les coopératives apparaissent donc comme une solution pour mutualiser les ressources, renforcer la complémentarité entre agriculteurs et améliorer la commercialisation, notamment en période de crise.
Enfin, Hidouci a indiqué qu’un nouveau cadre légal pour organiser et encadrer les coopératives agricoles devrait être adopté avant la fin mars 2026, conformément aux instructions du président Tebboune. Ce dispositif vise à garantir l’efficacité de cette orientation stratégique et à soutenir la modernisation du secteur agricole, dans une perspective de développement durable et de souveraineté alimentaire. Ch.G
