Zones humides: Recensement des oiseaux migrateurs

La Conservation des forêts de la wilaya d’Oran a annoncé jeudi le lancement d’une opération de recensement international des oiseaux d’eau migrateurs pour l’année 2025 au niveau de toutes les zones humides des wilayas d’Oran, Mascara et Mostaganem.
Cette opération sera organisée par les Conservations des forêts d’Oran, Mascara et Mostaganem, en collaboration avec la Direction locale de l’environnement, l’organisme national de protection du littoral et l’association Chafi Allah pour l’élevage des oiseaux et l’environnement et de la protection des animaux.
Le recensement des oiseaux migrateurs dans les zones humides est un processus complexe et collaboratif qui combine des méthodes traditionnelles de terrain avec des technologies modernes pour collecter, analyser, et utiliser des données cruciales pour la conservation des oiseaux et de leurs habitats. L’Oranie compte 8 zones humides qui abritent une grande diversité d’oiseaux migrateurs. Parmi les huit zones humides, quatre sont classées Ramsar, à savoir le lac Télamine, la grande Sebkha, El Mactaa et les Salines d’Arzew situées dans les estuaires sur la limite entre les wilayas d’Oran et de Mascara. «Les salines d’Arzew accueillent 29 espèces d’oiseaux lors de leurs migrations automnales et printanières, et 37 espèces hivernantes dont le tadorne commun et roux, le flamant rose et l’oie cendrée», selon Mme Fetahi, diplômée en sciences de l’environnement à l’université d’Oran.
«Les oiseaux profitent des eaux libres, des roseaux et des habitats sablonneux. La végétation relativement halophile comprend des roseaux Juncus, des blites de mer Suaeda et quelques Tamarix arbustes. Le site joue un rôle dans la recharge des eaux souterraines et la rétention des sédiments. Des mesures de conservation sont nécessaires», explique cette spécialiste. Les zones humides ont une importance vitale pour la survie de nombreuses espèces, dont les oiseaux migrateurs, et contiennent une faune et une flore très diverses.

Protection de la biodiversité

Le recensement des oiseaux migrateurs dans les zones humides est une opération capitale pour la conservation de la biodiversité et la compréhension des dynamiques des populations aviaires. Selon Mme Fetahi, les participants au recensement reçoivent d’abord une formation pour identifier les espèces d’oiseaux, utiliser des équipements, comme des jumelles et des télescopes, et enregistrer les données de manière précise. Les observateurs parcourent les zones humides depuis des points d’observation fixes pour compter les oiseaux.
Des lignes de comptage prédéfinies sont parcourues et tous les oiseaux vus ou entendus le long de ces transects (lignes virtuelles ou physiques mises en place pour étudier un phénomène, Ndlr) sont enregistrés. Des points fixes sont établis où les observateurs restent pendant un certain temps pour compter les oiseaux visibles ou audibles. Des outils permettent aux observateurs d’enregistrer leurs observations en temps réel. Les observateurs notent le nombre d’individus, les espèces, le sexe, l’âge, et le comportement des oiseaux. Les données sont ensuite saisies dans des bases de données centralisées pour analyse. Les données collectées sont analysées pour suivre les tendances des populations, identifier les espèces en déclin et évaluer l’état des zones humides. Les recensements sont coordonnés à l’échelle internationale, impliquant des milliers de bénévoles et de professionnels. Les données recueillies sont utilisées pour mettre en œuvre des actions de conservation, comme la protection des habitats critiques et la régulation des activités humaines dans les zones humides. Les recensements aident également à identifier les menaces pesant sur les oiseaux migrateurs, telles que la perte d’habitat, la pollution, et le changement climatique.
G. Salima

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