Abattage des animaux errants : L’Etat dit stop à la galoufa

Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a annoncé l’arrêt immédiat et définitif de toutes les opérations d’abattage d’animaux errants, appelées communément galoufa, menées dans plusieurs communes du pays. La décision, confirmée après plusieurs années de mobilisation des défenseurs des animaux, a été prise dans le cadre des prérogatives légales du ministère, seule autorité compétente en matière de santé animale et de protection de la faune domestique.
Dans une correspondance adressée aux walis de la République, le département de Yacine Oualid, a fait état de signalements concernant l’abattage d’animaux errants de manière anarchique dans diverses municipalités, visant principalement des chiens et des chats. Ces opérations impliquaient l’usage d’armes à feu, l’empoisonnement ou encore des actes de maltraitance, pratiques dénoncées pour leur caractère contraire aux valeurs humanitaires et religieuses du pays.
Le ministère a souligné que ces initiatives locales ont été conduites sans coordination avec ses services et nuisent à l’image de l’Algérie sur la scène internationale. Il a rappelé également que les expériences nationales et étrangères confirment l’inefficacité des campagnes d’abattage de masse, qui créent un vide écologique rapidement comblé par d’autres espèces, notamment les rongeurs.
Dans son envoi, la même source a affirmé engager une politique de gestion durable des animaux errants, alignée sur les standards internationaux. Cette stratégie repose sur le protocole TNVR (Capture – Stérilisation – Vaccination – Relâche), destiné à réduire progressivement et naturellement les populations animales et à limiter les risques sanitaires, notamment ceux liés à la rage.
Des campagnes de vaccination à grande échelle sont prévues, parallèlement à la mise en place de refuges spécialisés supervisés par les services vétérinaires, afin d’assurer l’accueil temporaire des animaux et de promouvoir l’adoption responsable. Le ministère a prévu également des actions de sensibilisation visant à encourager une possession responsable et à prévenir l’abandon.

Un ouf de soulagement

Le ministère a rappelé également qu’il demeure l’unique instance légalement habilitée à prendre des décisions concernant les animaux errants. À ce titre, il a ordonné l’arrêt immédiat de toutes les campagnes d’abattage, qu’elles soient qualifiées de « sauvages » ou conduites de façon non coordonnée ; l’obligation de coordination avec les services vétérinaires du ministère au niveau des wilayas avant toute décision ou opération relative à la gestion des animaux errants ainsi que le renforcement de la coopération entre services de wilaya et services centraux pour la mise en œuvre des programmes nationaux de stérilisation et de vaccination, avec mobilisation des moyens nécessaires. Ces directives s’accompagnent d’un rappel strict aux maires quant au respect des protocoles nationaux établis.
Une prise de conscience officielle qui était attendue particulièrement après que Yacine Oualid a récemment reçu une délégation de défenseurs des animaux, une première dans l’histoire récente du pays.
Cette décision sonne donc comme une victoire pour les défenseurs des droits des animaux qui n’ont cessé de dénoncer depuis des années ces campagnes d’abattage.
#stop_galoufa_en_algérie, était devenu un hashtag viral, en 2021, à travers une première campagne virtuelle citoyenne pour dénoncer et surtout condamner la mise à mort systématique, dans des conditions souvent inhumaines, des chats et des chiens à Alger, Oran et un peu partout dans le pays. Etymologiquement, la galoufa trouve son origine dans le nom déformé par le langage populaire du premier capteur de chiens à Alger, pendant la période coloniale, en l’occurrence un certain Garufa, un français d’origine espagnole. Littéralement, elle désigne la fourrière où sont placés les chiens et les chats avant d’être abattus. Ainsi, c’était une véritable levée de boucliers qui a accompagné ce mouvement citoyen appelant à l’arrêt de la galoufa et au respect des droits des animaux.
Les premières réactions des figures notables de la défense des droits des animaux, à l’image de la vétérinaire, Bachène, étaient de saluer cette démarche, en appelant toutefois à un décret qui la pérennise.
Saïd Oussad

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