Il avait préparé plusieurs attentats :10 ans de réclusion confirmés pour l’accusé

Jugé la semaine passée par le tribunal criminel d’appel dans une affaire liée au terrorisme, M.K., 33 ans, a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle. Cette peine confirme le verdict prononcé en première instance. Le prévenu est poursuivi pour appartenance à un groupe terroriste opérant à l’étranger et tentative d’homicide.
Le mis en cause, en grève de la faim selon ses propres déclarations et celles de son avocat, a refusé de comparaître à l’audience. Il a contesté la légalité de son jugement, affirmant avoir déjà été jugé à Alger pour les mêmes faits. Une requête en ce sens a été déposée par sa défense, mais rejetée par le tribunal, suivant les réquisitions du parquet.
Les faits remontent à mai 2017, lorsque les services de sécurité de la 2ᵉ Région militaire ont obtenu des informations sur des individus en lien avec le groupe terroriste Daech. Ces derniers diffusaient sur les réseaux sociaux les actions du groupe armé et utilisaient l’application Telegram pour communiquer.
Parmi les personnes identifiées figuraient M.K., alias «Abou El Mouatassim», et un autre individu connu sous le nom de guerre «Abou Ahmed», actuellement actif au sein de Daech en Syrie. Les deux hommes étaient impliqués dans un projet d’organisation d’attentats suicides en Algérie.
L’enquête a permis de localiser plusieurs membres de cette cellule, mais seuls deux ont pu être arrêtés. Le premier, résidant à Oran, se faisait appeler «Abou Abdallah». Le second, originaire de Douéra, à Alger, portait le surnom «Abou El Bassir». Tous deux agissaient sous les ordres de M.K., chef présumé du groupe et ancien membre de «Djounoud El Khalifa Bi Ard El Djazair».
Ce dernier aurait quitté l’Algérie pour rejoindre Raqa, en Syrie, où il aurait prêté allégeance à Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de Daech. Il aurait ensuite repris contact avec des Algériens pour tenter de réactiver des cellules dormantes en vue de commettre des attentats sur le territoire national.
Parmi les projets d’attentat évoqués figure une tentative visant un ressortissant tuniso-algérien résidant à Sidi Bel Abbès, accusé de pratiques occultes. Un taser avait été acquis pour neutraliser la victime avant de l’attaquer à l’arme blanche. Un autre projet visait le directeur du groupe de presse Ennahar. Faute d’avoir localisé sa résidence, un attentat contre le siège du journal avait été envisagé.
Interpellés, les deux prévenus ont reconnu leur appartenance au groupe terroriste, tout en précisant avoir renoncé à se rendre en Syrie sur les instructions de M.K., qui les avait informés que les déplacements vers cette zone étaient désormais suspendus. Concernant l’attentat à Sidi Bel-Abbès, l’un des accusés a déclaré avoir renoncé à l’action après avoir aperçu la victime en compagnie de sa famille. Le second attentat aurait été annulé par leurs supérieurs.
A la barre, l’un des accusés a confirmé son engagement au sein de groupes armés tout en niant sa participation directe aux projets d’attentats. Dans son réquisitoire, le parquet avait requis 20 ans de réclusion. La défense, de son côté, a plaidé des circonstances atténuantes.
Zemmouri L.

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