Saison estivale : Comment choisir la bonne crème solaire

Alors que les plages d’Oran se remplissent à vue d’œil et que les températures quotidiennes flirtent avec les 32°C, les pharmacies de la ville enregistrent une affluence circonstancielle. Les estivants se ruent sur les crèmes solaires, dans un souci de se prémunir contre les coups de soleil, mais surtout contre les dangers bien plus insidieux que représentent les rayons ultraviolets (UV) du soleil.
«Cette année, les ventes ont augmenté de près de 40% par rapport à l’été dernier», confie Nadia, pharmacienne dans le quartier Maraval. «Les gens posent plus de questions, veulent comprendre l’indice de protection, les composants, et recherchent surtout une crème efficace».
Un changement notable qui traduit une meilleure sensibilisation des vacanciers aux risques liés à l’exposition solaire : vieillissement cutané prématuré, taches pigmentaires et, surtout, cancers de la peau. Mais face aux rayons remplis de tubes colorés, une question se pose : comment choisir sa crème solaire ? L’indice de protection, ou SPF («Sun Protection Factor»), figure en grand sur les emballages. Il indique le niveau de protection contre les UVB, les rayons responsables des coups de soleil. En théorie, un SPF 30 permet de rester 30 fois plus longtemps au soleil sans brûler qu’en étant sans protection. En pratique, ce chiffre peut prêter à confusion. «Beaucoup pensent qu’un SPF 50 protège deux fois plus qu’un SPF 25, mais ce n’est pas exact», explique le Dr Melmous, dermatologue à Oran. «Un SPF 30 bloque environ 96,7% des UVB, tandis qu’un SPF 50 en bloque 98%. La différence est minime. Ce qui compte surtout, c’est d’en appliquer suffisamment et de renouveler l’application toutes les deux heures».
Autre point d’attention : la mention «large spectre» ou «UVA + UVB». Les UVB sont ceux qui brûlent, mais les UVA, plus sournois, pénètrent plus profondément dans la peau et participent au vieillissement cutané et au développement de cancers. Or, tous les produits ne protègent pas efficacement contre les deux types de rayons. «Il faut également faire attention aux mentions floues comme ‘résistant à l’eau’», souligne Nadia, la pharmacienne. «Cela ne veut pas dire que la crème reste efficace toute la journée après une baignade. Une nouvelle application est nécessaire après chaque baignade ou activité sportive». Le choix du format dépend de l’usage : crème pour le visage et les zones sensibles, spray pour le corps, stick pour les lèvres ou le nez.
Les peaux claires, les enfants et les personnes à antécédents médicaux doivent privilégier des SPF élevés (50+). Les peaux mates ou foncées ne sont pas exemptées : elles sont certes moins sensibles aux coups de soleil, mais restent exposées aux effets des UV. Pour bien choisir sa crème solaire, les dermatologues recommandent d’opter pour un produit à large spectre (UVA + UVB) avec un SPF d’au moins 30 et de vérifier la date de péremption. Une crème de l’été dernier peut avoir perdu de son efficacité. Les médecins conseillent aussi de privilégier les marques réputées et éviter les contrefaçons, qui pullulent dans les marchés estivaux et d’appliquer généreusement la crème 20 minutes avant l’exposition, et renouveler toutes les deux heures. Si les crèmes solaires sont un bouclier indispensable, elles ne doivent pas faire oublier les autres gestes protecteurs : porter un chapeau, des lunettes de soleil, éviter les heures de forte chaleur (entre 11h et 16h) et rechercher l’ombre dès que possible.
Alors cet été, pour profiter du soleil en toute sécurité, un seul mot d’ordre : se protéger efficacement… et intelligemment.
G. Salima
