Fin des vacances : Le littoral face au défi environnemental

À Oran, la fin du mois de septembre marque la clôture d’une saison estivale animée. Les plages de la corniche, de Bousfer, d’Aïn El Türck ou encore des Andalouses ont accueilli des centaines de milliers de vacanciers venus profiter du littoral. Mais avec le départ des estivants, le constat reste le même : la question de la propreté et de la préservation de l’environnement demeure un défi.
Selon la direction locale de l’Environnement, les opérations de nettoyage menées durant l’été ont permis de collecter environ 11 tonnes d’algues marines et près de 3 tonnes de déchets divers sur quatre plages de la wilaya. Ces actions ont été réalisées avec la contribution d’associations et de bénévoles. Les déchets les plus fréquents restent les bouteilles plastiques et les emballages alimentaires, confirmant la tendance relevée par l’Agence nationale des déchets, qui rappelle que le plastique représente l’écrasante majorité des détritus marins collectés en Algérie.
Pour répondre à cette problématique, un projet pilote de tri sélectif a été lancé dans huit communes d’Oran : Marsa El-Hadjadj, Mers El-Kebir, Aïn El Türck, Bir El-Djir, Oran, Es-Sénia, Aïn El Kerma et Bousfer. Ces collectivités recevront 1 700 bacs spécifiques, pour un investissement global estimé à 50 millions de dinars. La ministre de l’Environnement, lors de sa visite à Oran en juin, a insisté sur l’importance de cette initiative pour réduire la pollution liée à l’incivisme.
Le tourisme balnéaire demeure pour sa part un pilier économique de la région. La wilaya d’Oran dispose aujourd’hui de 202 établissements hôteliers, représentant une capacité d’accueil de plus de 20 000 lits. À cela s’ajoutent 106 projets en cours de réalisation, preuve d’un secteur en expansion. Selon la direction du Tourisme, ce secteur génère déjà plus de 19 000 emplois directs.
Les agents communaux reconnaissent la difficulté. « Nous avons ramassé des tonnes de déchets en quelques jours seulement », explique un employé rencontré sur la plage de Aïn El Turk. « Chaque fin de saison, c’est le même problème. Le sable devient une décharge à ciel ouvert, et nous devons rattraper en urgence ce que trois mois de fréquentation ont laissé derrière. »
Comme l’a rapporté Algérie Presse, un Oranais rencontré à Aïn El Turck regrette « qu’après le départ des vacanciers, il ne reste que des déchets. »
Malgré ces acquis, certaines difficultés persistent. Les contrôles menés pendant l’été ont mis en évidence l’occupation illégale de plages par des exploitants installant chaises et parasols sans autorisation, en particulier aux Andalouses et aux Dunes. Ces pratiques restreignent la liberté d’accès des familles et nourrissent le débat récurrent sur la gestion du littoral.
En ce début d’automne, les plages oranaises retrouvent leur calme, mais les traces de la saison demeurent : déchets résiduels, infrastructures sollicitées et pression environnementale accrue. Entre attractivité touristique et nécessité de protéger un patrimoine naturel fragile, le défi reste entier pour Oran : concilier développement balnéaire et durabilité.
O.A Nadir

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