Tribunal d’appel: Dix ans de prison pour des narcotrafiquants
Le tribunal criminel d’appel a condamné B. Ali, O. Mourad et A. B. Abdelkader à dix ans de prison ferme pour trafic de stupéfiants portant sur 12,5 kg de kif et 389 grammes de cocaïne. Ces quantités appartenaient au réseau de M. Sid Ali, alias Baghrira, cité dans de nombreux procès de stupéfiants et qui gère ce trafic depuis le Maroc, pays où il s’est réfugié depuis 2018.
L’affaire remonte au 18 novembre 2022, lorsque les services de sécurité ont reçu des informations sur un réseau de trafic opérant à Oran. Selon ces renseignements, une importante cargaison de stupéfiants devait être transportée vers le quartier de Belgaid par B. Ali, surnommé Zitouna, à bord d’un véhicule de marque Picanto. Ce véhicule a été rapidement identifié et placé sous surveillance. Il a été localisé dans le quartier indiqué, où B. Ali a été arrêté, ainsi que O. Mourad, qui s’apprêtait à lui remettre un sac en plastique contenant 11,8 kg de kif.
Interrogé, B. Ali a expliqué que ces stupéfiants lui avaient été envoyés par un certain R. M., résidant dans le quartier de Saint-Pierre, qui collabore avec une troisième personne, A. B. Abdelkader. Il a précisé que la drogue provenait d’un certain Hicham Caza et qu’il transportait ces stupéfiants à raison de 20.000 DA le kilogramme. Il a ajouté avoir effectué cinq opérations similaires pour ses deux complices et expliqué qu’après avoir reçu la marchandise, il la remettait à O. Mourad qui était chargé de la revendre à 54 millions de centimes le kilogramme. De son côté, O. Mourad a reconnu qu’après avoir appris par des amis que B. Ali était actif dans ce trafic, il lui avait demandé de lui procurer des quantités allant de 6 à 10 kg. Les investigations ont également permis l’arrestation d’A. B. Abdelkader, qui a également reconnu les faits et affirmé avoir distribué les stupéfiants pour le compte de R. M. Il a ajouté être en contact direct avec le fournisseur Baghrira, qui continue d’opérer depuis le Maroc, et que c’est ce dernier qui lui avait demandé de remettre 12 kg de kif et 215.000 DA à B. Ali. Il a aussi stocké une certaine quantité de cocaïne.
Suite à ces arrestations, les enquêteurs se sont rendus au domicile de vers H. N., résidant au bidonville d’Aïn El Beïda, où ils ont saisi 389 grammes de cocaïne.
A la barre, A. B. Abdelkader a reconnu son implication dans le trafic avec R. M., expliquant que ce dernier avait profité de sa situation sociale, son épouse souffrant d’un cancer, pour le contraindre à collaborer. Il a toutefois nié connaître personnellement Baghrira. B. Ali a également reconnu les faits, tandis qu’O. Mourad les a niés, revenant sur ses précédentes déclarations.
Le représentant du ministère public a requis 15 ans de réclusion contre les trois prévenus. La défense s’est, elle, scindée en deux parties : celle de B. Ali et A. B. Abdelkader a plaidé les circonstances atténuantes, tandis que l’avocat d’O. Mourad a soutenu la non-culpabilité de son client.
Zemmouri L.
