Les figuiers de Barbarie ravagés par un parasite : Un désastre écologique et économique

L’opération d’arrachage massif des figuiers de Barbarie infestés par la cochenille, annoncée comme ultime recours à Oran, est aujourd’hui bloquée. Aucune entreprise n’a répondu à l’appel d’offres lancé par la Direction des services agricoles. Pendant ce temps, le parasite continue de ravager les plantations.
La Direction des services agricoles (DSA) d’Oran a confirmé l’échec de la consultation qu’elle avait lancée pour arracher, détruire et enterrer les figuiers atteints. Aucune entreprise n’a déposé de dossier. Un silence qui sonne comme un aveu d’impuissance collective.
Arracher des plantations entières n’est pas une opération ordinaire. Elle nécessite du matériel lourd, une main-d’œuvre qualifiée et un protocole sanitaire strict pour éviter la propagation du parasite. Selon un ingénieur agronome, le coût élevé et la complexité technique ont probablement découragé les entreprises, faute de budget suffisant ou de garanties solides.
Dans les campagnes oranaises, la cochenille blanchit les figuiers, les assèche et les condamne. « Nos terres ressemblent à des champs malades », témoigne Houcine, agriculteur à Aïn El Turk. La figue de Barbarie n’était pas seulement une source de revenu : elle protégeait aussi les sols de l’érosion et apportait une réponse naturelle à la sécheresse.
Chaque jour sans intervention aggrave la situation. La disparition de cette culture fragilise non seulement l’économie locale, mais aussi l’équilibre écologique. La figue de Barbarie, transformée notamment en huile précieuse pour la cosmétique, représente un patrimoine agricole et environnemental. Sans solution rapide, la région risque de perdre définitivement cette plante emblématique, au prix d’un désastre silencieux mais irréversible.
Khaled Boudaoui
