Le président de la République face à la presse: Les Brics, la France et le dialogue national

Lors de son entrevue périodique avec des représentants des médias nationaux, diffusée samedi soir sur les chaînes de la Télévision et de la Radio nationales, le président de la République Abdelmadjid Tebbboune a réaffirmé que l’État «n’abandonnera pas le citoyen», et ce, dans le cadre de la préservation de son caractère social.
Le chef de l’État a réitéré son engagement à renforcer le pouvoir d’achat des citoyens en vue de préserver leur dignité, à travers la lutte contre l’inflation, le renforcement de la production nationale et la poursuite de la revalorisation des salaires et des allocations. Tout en assurant qu’il y aura une poursuite des aides pour l’accès au logement, le président de la République a affiché sa volonté de tenir ses engagements envers le peuple algérien en «protégeant notre pays et notre indépendance et en défendant les personnes vulnérables», indiquant que le pays «est engagé sur la voie du changement positif et poursuivra sa marche».
Sur le plan économique, le président de la République a estimé que «la construction d’une économie nationale solide et la protection de l’Algérie face aux fluctuations mondiales figurent parmi les priorités», mettant en avant l’importance de la production locale des produits de large consommation. Le président rappelle que l’Algérie a réussi à «atteindre 80 % d’autosuffisance dans la production de blé dur», l’objectif escompté étant « d’atteindre 100 %».
Par ailleurs, il a mis en garde contre «les lobbies qui tentent de déstabiliser le pays et de semer le chaos», en avertissant que «l’époque de la issaba est révolue » et que l’Etat «combattra les résidus de ces lobbies sans relâche». Et d’ajouter que «les tentatives de déstabiliser l’Algérie existent encore mais nous sommes à l’affût pour y faire face grâce à la force de l’Armée nationale populaire (ANP) et aux leviers de contrôle et à la numérisation ». A ce propos, il a annoncé que le processus de numérisation définitive de tous les secteurs doit être achevé avant fin 2024.
En outre, le chef de l’Etat a évoqué le phénomène de la contrebande qui porte atteinte à l’économie nationale, en indiquant qu’il «doit cesser, car l’Algérie compte créer des zones franches avec les pays voisins frères».
Les ingérences étrangères en question
Abdelmadjid Tebboune a également annoncé qu’un dialogue national sérieux sera instauré «fin 2025, début 2026 », pour immuniser l’Algérie des ingérences étrangères et contrecarrer les tentatives visant à semer la discorde parmi le peuple algérien. Ce dialogue sera entamé après la révision des lois relatives aux organes de l’État moderne, à l’image de l’amendement des codes communal et de wilaya, et de la loi relative aux partis politiques qu’il s’est engagé à mettre en place en concertation avec les partis, a-t-il précisé.
Sur le plan international, répondant à une question sur les BRICS, le président Tebboune a estimé que «pour le moment, nous n’envisageons pas d’adhérer à cette organisation et notre intérêt se porte sur l’adhésion à la Banque des BRICS, qui est tout aussi importante que la Banque mondiale.» Concernant l’accord d’association avec l’Union européenne (UE), il a fait savoir qu’il sera révisé «à partir de 2025», expliquant que cette révision, désormais «nécessaire», sera menée «avec souplesse et dans un esprit amical sans entrer en conflit avec l’UE».
Le président de la République a aussi défendu l’idée d’une «réforme approfondie» du système des Nations Unies et du Conseil de sécurité ainsi que de l’usage du droit de veto, insistant sur la nécessité de doter l’Assemblée générale de l’ONU de «plus de pouvoir». A ce sujet, il a exprimé son regret face à l’absence du droit international, où on assiste à la loi du plus fort.
S’agissant de la position de la France soutenant «le prétendu +plan d’autonomie+» au Sahara occidental, il a déclaré que le soutien de la France au Makhzen pour s’emparer du Sahara occidental «n’est pas nouveau, et même l’idée du soi-disant +plan d’autonomie+ est française et pas marocaine». Il a, en outre, estimé que la décision du retrait de l’ambassadeur d’Algérie à Paris n’a aucun lien avec la visite qui était programmée en France, réaffirmant que l’Algérie «n’ira pas à Canossa».
Par ailleurs, il a rappelé la position de l’Algérie qui «réclame la vérité historique et exige une reconnaissance des massacres commis par le colonialisme français en Algérie». Le président Tebboune a qualifié les appels d’une frange française à la révision de l’accord de 1968 concernant la circulation et le séjour des Algériens en France de «slogan politique» d’une minorité extrémiste qui voue une haine à l’Algérie.
Évoquant les relations solides entre l’Algérie et la Russie, le président de la République a précisé que «ce sont des relations d’amitié et d’intérêts mutuels, caractérisées par des liens profonds et historiques». Sur les nombreux messages de félicitations qu’il a reçus suite à sa réélection pour un second mandat, le président de la République a affirmé que «cela témoigne de la réputation internationale de l’Algérie et de la place qu’elle occupe parmi les nations».
G. Salima
