Marché immobilier :La baisse des prix se prolonge

Les prix des logements continuent d’enregistrer une légère baisse à Oran par rapport à 2023. C’est ce qu’ont indiqué des agents immobiliers que nous avons contactés. Sur 18 mois, les prix ont nettement décéléré. Le marché immobilier poursuit actuellement une phase descendante, aussi bien au niveau des prix qu’en nombre de transactions à Oran.
Ce repli s’est paradoxalement accompagné par une relative rareté d’appartements à louer. «Enclenchée en 2023, la tendance baissière se poursuit à Oran. Freinés par la pandémie Covid-19, les prix de l’immobilier ont enregistré une légère hausse en 2022 à Oran avant d’entamer une légère baisse en 2023. La courbe baissière se poursuit cette année 2024. Même si ce n’est pas le cas partout à travers le territoire de la wilaya, les appartements sont moins chers actuellement», explique Nasro, un agent immobilier installé au centre-ville d’Oran. «Un appartement situé à plateau qui valait 20 millions de dinars, il y a 18 mois, ne dépasse pas les 15 millions de dinars actuellement. Les appartements affichent un prix moyen situé entre 100.000 dinars et 140.000 dinars le m². Depuis une année, la baisse s’est installée. Pour le 18e mois consécutif, les prix dans la capitale de l’Ouest ont légèrement chuté», souligne le spécialiste de l’immobilier.
Les villas, les appartements ou encore les résidences voient leur prix baisser légèrement. La preuve en chiffres : les prix des appartements de luxe ont baissé. Dans le haut standing, un appartement F4 de 120 m² au 9e et dernier étage à El Yasmine, est proposé à 1.5 milliard de centimes, contre plus de 2 milliards de centimes, il y a 18 mois. Conçu avec des matériaux de construction nobles, l’entrée de l’appartement dispose d’un hall et d’un spacieux salon ouvert sur une cuisine moderne et équipée, avec une vue sur mer. Un appartement F4 neuf de 124 m², avec une place de parking situé dans une résidence au boulevard Millénium, affiche 1.5 milliard de centimes. Un appartement F4 de 120 m² meublé au boulevard Millénium est proposé à 1.7 milliards de centimes. «Il y a dix-huit mois, de tels appartements huppés dépassaient allégrement les deux milliers de centimes», compare Nasro.
Un référentiel pour plus de transparence
Dans le segment du modeste standing, un appartement F2 de 52 m² à Seddikia est proposé à 850 millions de centimes, contre 950 il y a 18 mois. Le même appartement, situé à Haï EL Yasmine (7e étage avec ascenseur) est proposé à 550 millions de centimes. «Cette tendance baissière devrait se prolonger dans les prochains mois», selon plusieurs agents immobiliers interrogés. D’aucuns, parmi les observateurs du marché de l’immobilier sont surpris par cette baisse même si elle est légère pour un secteur qui a grimpé de plus de 40%, entre 2015 et 2020. Depuis deux ans, les ménages préfèrent des propriétés plus excentrées où ils peuvent s’offrir des biens plus grands et moins chers toits.
Par ailleurs, les transactions ont été freinées par la taxe sur la plus-value. La Direction générale des impôts a publié récemment un référentiel pour les transactions immobilières en Algérie relatif à la période biennale 2021-2022. Ce référentiel qui «fera l’objet d’une actualisation périodique» et vise à assurer «plus de transparence», reprend les fourchettes de valeurs vénales de l’immobilier en Algérie. Le document classe les biens par wilayas, communes, zones et par type de biens, comme les immeubles individuels, collectifs et semi-collectifs, locaux et terrains. A Oran, les prix diffèrent d’un quartier à un autre. Le prix du mètre carré sur les locaux commerciaux dans l’artère commerciale de Sénia varie entre 91.000 et 104.000 DA. Pour un bien économique individuel, en zone résidentielle, le prix du mètre carré est compris entre 68.000 DA et 78.000 DA. Dans les communes de l’Est d’Oran, le prix du mètre carré, en zone résidentielle, est compris entre 119.000 DA et 136.000 DA, tandis que pour un immeuble collectif ou semi collectif d’une zone périphérique de la même commune, le prix de mètre carré oscille entre 51.000 DA et 58.000 DA.
G. Salima
