Il a tué son épouse et tenté de maquiller le crime en suicide: La peine capitale pour le mari assassin

Le tribunal criminel de première instance a condamné le dénommé L. Mohamed El Amine, la cinquantaine, à la peine capitale pour homicide volontaire sur son épouse et mère de ses trois enfants. Le meurtrier avait essayé de maquiller l’assassinat en suicide.
Cette affaire a eu pour théâtre le bidonville de douar «Tiartia» situé à el Hassi. Le 20 mai 2023 les services de la police ont reçu un appel du CHU d’Oran les informant de la mort suspecte (par suicide) d’une femme admise aux urgences. Sur place, les policiers apprendront qu’il s’agit de A. Razika, mais selon les premiers constats du légiste, les raisons de la mort ne pouvaient être déterminés avec exactitude sans une autopsie. Après l’intervention, il a été établi que la victime portait les signes de violences sur son corps et que la mort était due à une strangulation.
Ce ne pouvait donc pas être un suicide.
Interrogé, Mohamed El Amine, l’époux, parlera de suicide. «On venait de rentrer à la maison avec nos trois enfants de 4, 12 et 16 ans. Après le diner, ma femme est venue me rejoindre dans la chambre et m’a dit « Tes enfants, tu vas les élever seul », ensuite elle est sortie de la maison. J’ai cru dans un premier temps qu’elle s’était rendue chez ses parents qui habitent à côté. Mais lorsque je suis sorti dans la cour, je l’ai trouvée pendue à une poutre à l’aide d’un foulard. Une chaise renversée se trouvait sous elle. Je l’ai alors décrochée et tenté de la réanimer pensant qu’elle était encore en vie. J’avais perçu sa respiration très faible. Puis, j’ai appelé mon fils ainé et lui ai demandé d’alerter les secours. Le père de mon épouse et son frère sont arrivés et nous l’avons évacuée au service des urgences où elle a rendu l’âme»
Mohamed El Amine ne niera pas que des différends quotidiens l’opposait à la défunte, mais rien de bien méchant : «Il s’agissait de problèmes financiers comme il en existe chez la plupart des familles. Mais je n’avais jamais pensé que cela pousserait mon épouse au suicide», dira-t-il encore.
Toutefois, il sera confronté au rapport du légiste et de l’impossibilité que sa femme se soit ôtée la vie. Celui qui, de fait, est devenu le premier suspect d’un probable crime, reconnaitra que ce jour-là, une dispute avait éclaté et qu’il avait asséné à Razika un puissant coup de poing qui l’avait assommée. Affolé, dira-t-il, il a passé un foulard autour du cou de sa femme inconsciente et l’a suspendue à la poutre pour faire croire à un suicide. «Mais, j’ai eu des remords et quand je suis allé pour lui porter secours, elle était déjà morte».
Interrogé à son tour, le fils aîné a d’abord déclaré que son père l’avait appelé pour l’aider à secourir sa mère qui venait de se suicider avant de se raviser et d’avouer avoir vu son père tuer sa mère et tenter de maquiller le crime.
Devant le tribunal criminel, le mis en cause est cependant revenu sur ses déclarations en affirmant que son épouse s’était réellement suicidée. Malgré le rapport du médecin légiste réfutant la thèse du suicide et le témoignage accablant de son fils. A la barre, ce dernier a, en effet, maintenu ses accusations en déclarant avoir vu son père tuer sa mère et l’accrocher à cette poutre.
Le représentant du ministère public a requis la peine capitale qu’il a obtenue en dépit de la défense qui plaidait l’acquittement en se basant sur le doute légitime.
Zemmouri L.
