Consommation de drogue : 400 morts, par an, par overdose

La salle de conférence de l’hôtel » Le Renaissance » de Lalla Setti, à Tlemcen, a abrité ce jeudi une journée d’études régionale organisée par l’Office national de lutte contre la drogue et les psychotropes en collaboration autour du thème : » drogues et psychotropes : réalités, défis et perspectives de mesures préventives et thérapeutiques « .
C’est la problématique de la propagation des stupéfiants, sous toutes ses formes, et sa répercussion sur la société et les individus qui ont été au centre des débats et des conférences animées par des spécialistes et professeurs universitaires.
Les différents facteurs d’addiction aux substances hallucinogènes, comprimés psychotropes et autres drogues douces et dures ainsi que les moyens de prévention, de lutte efficace et de prise en charge des toxicomanes ont été examinés lors de cette rencontre.
Selon les spécialistes, « plus de 400 décès par an par overdose » sont enregistrés alors, qu’aujourd’hui, « le toxicomane est vue comme une victime et malade qui doit être pris en charge dans les centres médicaux spécialistes de désintoxication ». A ce propos, on a indiqué que 48 centres, sur les 53 réalisés, sont fonctionnels dans le cadre de la nouvelle loi n°05-23.
Pour le DG de l’Office de lutte contre la drogue et les psychologues, Mazouni Farid » cette journée traite des répercussions socio-économiques de la consommation des drogues , son impact sur la société et l’addiction sur la santé publique et des individus » et de souligner que » c’est dans cette perspective qu’a été adoptée la nouvelle loi n°05-23 qui est venue pour mettre en place des mesures préventives et thérapeutiques pour lutter contre l’addiction à la drogue et aux comprimés psychotropes ».
La wilaya de Tlemcen étant frontalière du Maroc, qui inonde le pays par des tonnes de kif traité, le wali a souligné que l’importance d’une approche sécuritaire, juridique, sociologique et médicale dans le traitement du phénomène de la drogue. Il a annoncé » la réalisation prochaine » des urgences médico-légales » à Tlemcen qui dépistera la présence des drogues et psychotropes parmi les éventuels victimes d’overdose.
Pour le premier président de la Cour suprême, Mamouni Tahar, » la promulgation de la loi n°05-23 est venue renforcer les dispositions de prévention et adopter une approche stratégique nationale pour prévenir ce fléau, tout en confiant cette mission à l’Office nationale de lutte contre la drogue et les psychotropes en lui donnant de nouvelles prérogatives « .
Les tendances s’inversent
Il a indiqué que ce texte de loi a été amendé après la loi n°18- 04 qui a démontré ses lacunes et de conclure que » les textes introduits dans la nouvelle loi visent à contrôler et prévenir les mécanismes de lutte contre le phénomène de la drogue dans toutes ses dimensions nationales et internationales, mettant l’accent sur l’importance du rôle des médias, spécifié dans cette loi, en ce qui concerne l’aspect préventif, en plus de toutes les dispositions liées à la politique pénale élaborée par le ministère de la Justice, des mesures thérapeutiques et autres procédures pour les mineurs ».
De son côté, M. Mazouni, et à une question sur les saisies de drogue en 2024, a affirmé que la saisie de cannabis est en nette régression par rapport aux psychotropes et à la cocaïne. Les saisies pour 2023 confirment également cette tendance. En effet, 22.387,568 kg de kif traité ont été saisis soit moins de 39,93% par rapport à 2022 ; 45.179,894 kg de cocaïne ont été saisis soit plus de 219,60 % qu’en2022 et 8.198.982 comprimés psychotropes, soit 70,24 % de plus que 2022.
Avant la lecture des recommandations de cette journée d’études, M. Mazouni a tenu à faire une précision de taille en affirmant » qu’il existe effectivement 48 centres de désintoxication en externe et 15 autres en interne mais la prise en charge des toxicomanes reste très en dessous des attentes. Le ministère de la Santé a affecté 120 médecins-spécialistes pour ces centres mais ces derniers rencontrent plusieurs difficultés « . Actuellement tout le protocole est en cours d’études et de révision pour les toxicomanes en externe. Ceux qui sont incarcérés, suivront leur cure à l’intérieur des centres pénitentiaires, a-t-il souligné.
A l’issue des travaux de cette journée d’études, dix recommandations ont été retenues dont la coordination de tous les services et les institutions de lutte contre la drogue ; le rôle des médias dans la sensibilisation contre la toxicomanie et la drogue ; la coordination entre les ministères de la Santé et de la Solidarité dans la prise en charge des cures des toxicomanes ; la dotation des centres de désintoxication de tous les moyens humains pour une meilleure prise en charge des toxicomanes ; la collaboration internationale dans la lutte contre la drogue et enfin rôle de la famille, la société civile et le mouvement associatif dans la sensibilisation contre la drogue.
B. Soufi
