Une première hors d’Europe: Le Parti national rifain se retrouve à Alger

Un premier rassemblement du Parti national rifain (PNR) hors d’Europe s’est tenu, hier à Alger, sous le thème « La République du Rif et le droit à la restitution de l’indépendance ».
Cet événement a vu la participation de plusieurs personnalités, notamment un ministre délégué sud-africain, le président du parti « Communauté » d’Afrique du Sud, des représentants de partis politiques du Mozambique, de la République arabe sahraouie démocratique, de l’Algérie, ainsi que des députés.
Lors de cette rencontre, Yuba El Ghadioui, membre du Parti national rifain, a salué les positions constantes de l’Algérie, qualifiée de « bastion des révolutionnaires ». Il a souligné que ce rassemblement marquait une première pour le parti hors du continent européen, en exprimant l’espoir de tenir un jour une réunion sur le sol rifain, un rêve qu’il juge réalisable.
M. El Ghadioui a réitéré la revendication du droit légitime du Rif à son indépendance, rappelant que cette aspiration demeure au cœur de la lutte politique du parti. Selon lui, la République du Rif n’a jamais fait partie du Maroc, et il affirme que le Makhzen ne s’est jamais rangé du côté des Rifains qui défendent leur terre.
Pour rappel, la République du Rif est un état bordé par la mer Méditerranée au nord, l’Algérie à l’est, les plaines qui la séparent du Maroc au sud et l’océan Atlantique à l’ouest. Composé de montagnes et de plaines, le Rif s’étend sur près de 500 km de Tanger à Berkane et Kebdana (frontière entre l’Algérie et le Maroc), irrigué par la Moulouya ; de l’ouest à l’est, la République du Rif passe par les villes de Ceuta, Tétouan, Chefchaouen, Targuist, Al Hoceïma, Driouch, Melilla et Nador.
En 1958, 30.000 soldats marocains, dirigés par le futur Hassan II, alors chef d’état-major des armées, répriment un premier soulèvement dans le Rif (près de 3.000 morts). Sous la domination de la monarchie marocaine, l’État du Rif se trouvera, de fait, exclu de la vie politique marocaine tout au long du règne d’Hassan II. Un deuxième soulèvement dans la région a eu lieu en 1984 et, selon diverses sources, a fait des dizaines de morts et des emprisonnements avec de lourdes peines.
Chaque année, la pauvreté dans le Rif a obligé des dizaines de milliers de Riffiens à se rendre en masse dans des pays européens pour travailler ; D’abord dans les mines de charbon au nord de la France et en Belgique, puis aux Pays-Bas et plus récemment en Espagne. Cette émigration permet, malgré l’isolement relatif de cette région, une amélioration relative des conditions de vie des populations locales. Une grande partie de la population rurale est analphabète. Cependant, la population des grandes villes du Rif fait partie de la classe moyenne et là, certains sont aisés, tous sont cultivés.
Mais la mort atroce de Mohcine Fikri, un vendeur de poisson, a soudain réveillé la République du Rif. Depuis, les habitants de la commune d’Al-Hoceïma ont manifesté pacifiquement contre, pêle-mêle, l’autoritarisme, la corruption, le chômage de masse, la pauvreté… et maintenant contre la répression: une trentaine de responsables du mouvement ont été arrêtés, parmi eux le personnage clé de la contestation, Nasser Zefzafi, 39 ans, après deux jours de cavale.
Les sources locales et étrangères de défense des droits humains affirment que les tortures subies par les populations du Rif, les plus atroces possibles, existent toujours; les sévices sont opérés même sur les parties les plus intimes des corps des victimes. La question doit encore être posée; peut-être le jour viendra-t-il où la question sera reconnue.
R.N

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