Morts sur le bitume : Plus de 2.000 décès en six mois

Au cours de 48 heures, dix personnes ont perdu la vie et 408 autres ont été blessées dans des accidents de la circulation à travers l’Algérie, selon un bilan de la Protection civile, rendu public hier. Le bilan le plus lourd a été enregistré dans la wilaya de M’Sila, où une personne est décédée et dix autres ont été blessées dans quatre accidents. Ce tragique constat fait écho à une situation plus large et préoccupante en matière de sécurité routière dans le pays.
En effet, selon les chiffres fournis par la Délégation Nationale à la Sécurité Routière (DNSR), la situation sur les routes algériennes est alarmante. En seulement six mois, plus de 13.500 accidents corporels ont été recensés, impliquant un total de 22.346 véhicules, dont une grande majorité de véhicules légers, ainsi que des poids lourds, des véhicules de transport en commun et des motocycles. Ces chiffres témoignent de l’ampleur du phénomène, avec des conséquences dramatiques pour les usagers de la route, qu’il s’agisse de conducteurs, passagers ou piétons.
Les années précédentes ont également révélé une tendance inquiétante. En 2023, l’Algérie a enregistré 63.697 accidents de la route, faisant 1.893 morts et près de 80.000 blessés. Les premiers mois de 2024 ne montrent malheureusement aucune amélioration, avec une augmentation des bilans dramatiques, notamment au cours de certaines périodes. Entre janvier et août 2024, le pays a subi la perte de 2.082 vies humaines, dont 1.513 sur les lieux de l’accident, en plus de plus de 62.000 blessés.
Le facteur humain demeure la cause principale de ces drames. L’imprudence, l’excès de vitesse et l’inattention sont fréquemment cités comme causes des accidents. Un autre élément préoccupant est l’âge et l’expérience des conducteurs. Plus de 40 % des conducteurs impliqués dans des accidents détiennent un permis de conduire de moins de cinq ans, et 16 % sont titulaires d’un permis probatoire, ce qui met en lumière un manque d’expérience, notamment dans des situations de conduite dangereuse et une certaine légèreté dans la formation des nouveaux conducteurs au sein des écoles de conduite.
En parallèle, l’état des infrastructures et des véhicules contribue également à la hausse du nombre d’accidents. Les routes mal entretenues, particulièrement dans les zones rurales et montagneuses, ainsi que des véhicules vétustes ou mal entretenus, à cause de l’absence des pièces de rechange, aggravent la situation. De plus, bien que des contrôles plus stricts aient été mis en place, les poids lourds restent responsables d’une part importante des accidents en raison de défaillances mécaniques ou d’une conduite inadaptée.
Face à ce constat alarmant, des efforts sont déployés pour tenter de renverser la tendance. En juillet dernier, la Délégation Nationale à la Sécurité Routière, en collaboration avec le Centre de Recherche sur l’Information Scientifique et Technique (Cerist), a signé une convention visant à lutter contre l’insécurité routière. Cette initiative consiste à mettre en place un système de surveillance des candidats dans les auto-écoles, afin de garantir le respect de la période légale de formation et de former des conducteurs plus responsables.
Malgré ces efforts, la situation reste préoccupante. Les jeunes conducteurs, le manque de vigilance et des mentalités à changer restent des défis majeurs. Un véritable changement de comportement et une meilleure discipline sur les routes sont nécessaires pour espérer réduire le nombre de victimes et améliorer la sécurité routière en Algérie.
Djamel Hamdan
