Ce que j’en pense: Les Barbies brunes
Par Moncef Wafi
Qu’est ce qui mieux qu’un arabe assimilé pour défendre un autre arabe assimilé ? Un arabe assimilé qui défend deux arabes assimilés. Le franco-tunisien Zied Bakir, chantre de la francophilie, s’est fendu d’une tribune nauséabonde dans l’Express pour porter secours à ses deux autres reflets sur les eaux sales de la Seine. « Ne faites pas parler un muet, il vous insultera », commence-t-il sa plaidoirie par une allusion sarcastique à l’handicap de la véritable héroïne de Houris ; c’est vous dire le niveau des débats qui rase les pâquerettes. Parce qu’il ne faut pas oublier que dans cette histoire, la seule victime c’est Saâda qui, après avoir été violée dans son intimité par sa psychiatre, a été volée par le mari de cette dernière. A lire Bakir, Saâda devrait être fière de voir sa vie étalée par un « nègre » que de l’écrire elle-même, persuadé que la muette, incapable de parler, ne saurait aligner deux phrases dans sa langue de « transition ».
Daoud et Sansal, rattrapés par la patrouille à l’Est, et c’est le déchainement féroce des hyènes médiatiques du dernier kibboutz d’Israël. Imaginez un peu le défilé des péripatéticiennes, pleurant la perte de l’une des leurs : Goldanel ; Fourest ; Zemmour ; Les Le Pen, fille et nièce ; BHL ; Benjelloun ; Driencourt, la réincarnation de Deval ; Enthoven qui sonne comme Beethoven, plus proche du chien que du compositeur ; Pécresse ; Macron ; Le Crif… ainsi que les cabots arabes de service, à l’image de Chalghoumi l’eschatologique et Sifaoui, qui aboient au premier nonos jeté. La fine fleur de l’establishment sioniste et de l’élite de l’extrême droite comme garde prétorienne pour défendre l’honneur perdu des nouveaux caïds du village.
Ces français « décrétés », qui se veulent plus gaulois que Vercingétorix, ne font que perpétuer le complexe de l’indigène des campagnes, intellectuel assimilé des salons parisiens du 21e siècle. A défaut d’une nationalité de droit de sang ou de sol, ils ont leur salive et la haine des leurs en bandoulière pour dernier couplet de la Marseillaise. Et des Daoud et des Sansal, ils en existent des cargaisons, un peu partout dans le monde, prêts à tirer l’épée du fourreau pour embrocher leur ombre froissée et se couper la langue parce qu’elle a l’accent trop prononcé du sein maternel.
Cette indignation sélective pour dénoncer une chasse aux « cordes vocales » braillardes et insultantes n’a d’égale que cette hypocrisie portée en étendard, préférant laver l’honneur d’un criminel de guerre dans le sang des Palestiniens et des Libanais que de condamner un génocide en prime time.
Alors à toutes ces voix aphones qui veulent nous coloniser une seconde fois, en ordonnant et en distribuant des ukases, en veux-tu, en voilà-là, nous leur demandons humblement de libérer leurs embastillés, à eux, coupables d’avoir une opinion différente des maîtres de la France.