Il est entré en vigueur hier : Cessez-le-feu au Liban
Dans la nuit de mardi à mercredi, à 2hGMT, un cessez-le-feu est entré en vigueur, offrant un répit à un peuple meurtri. Depuis le 8 octobre 2023, les frappes israéliennes ont plongé le Liban dans un chaos sanglant, coûtant la vie à près de 4.000 personnes, majoritairement des femmes et des enfants.
Cette trêve a été saluée comme une «étape fondamentale» par le Premier ministre libanais Najib Mikati.
Dans les heures précédant cet accord, l’entité sioniste a intensifié ses attaques, causant 42 morts supplémentaires dans des frappes ciblant le Hezbollah mais qui ont, en réalité, dévasté des zones résidentielles, laissant derrière elles des ruines et des familles endeuillées. Malgré cela, le gouvernement libanais s’engage à rétablir l’ordre en déployant son armée dans le sud du pays, un territoire lourdement marqué par les assauts.
La communauté internationale a exprimé son soutien à cet accord. Joe Biden, président des États-Unis, a évoqué une éventuelle médiation pour négocier une trêve à Ghaza. Mais ces déclarations sonnent creux, car les destructions sionistes continues dans la Bande de Ghaza révèlent une intention claire de nettoyage ethnique.
Plus d’un million de Libanais ont été contraints à l’exil intérieur, fuyant les bombes qui détruisent leurs foyers et leur quotidien. Les infrastructures civiles, de Beyrouth à Tyr, ont été pulvérisées. Le prétexte sécuritaire invoqué par Israël masque une stratégie de punition collective.
Sur le front sioniste, l’accord de cessez-le-feu reflète une réalité militaire et politique complexe. L’armée sioniste, épuisée et confrontée à un manque de munitions -en partie dû aux pressions internationales – ont pressé le gouvernement Netanyahou d’accepter cette trêve. Les mandats d’arrêts contre Netanyahou et Gallant pour crimes de guerre et crimes contre humanité, et la possibilité de nouvelles résolutions onusiennes condamnant l’agression sioniste, ont également pesé dans la balance.
Accord fragile
Cependant, cet accord divise en Israël. Certains politiciens suprématistes le considèrent comme un «échec stratégique». Avigdor Lieberman, chef du parti d’extrême droite sioniste Beitenou, a averti que cette trêve pourrait n’être qu’un répit avant une «quatrième guerre du Liban». D’autres, comme l’ancien général Amos Malka, admettent qu’une victoire totale contre le Hezbollah exigerait une occupation complète du Liban. À Ghaza, la lutte se poursuit avec une intensité dramatique. Le cessez-le-feu au Liban souligne une vérité incontournable : la résistance palestinienne demeure un pilier fondamental de la confrontation contre l’occupation sioniste. Hamas, dans un communiqué, a salué cet accord comme une démonstration de la résilience des peuples arabes face à une puissance coloniale. Le mouvement de résistance a insisté sur le rôle central de Ghaza dans cette équation régionale. La Bande, malgré les bombardements incessants et les conditions inhumaines imposées par l’entité sioniste, refuse de capituler.
Les Palestiniens appellent à un cessez-le-feu basé sur des conditions claires : l’arrêt des bombardements, le retrait total des forces de l’occupation et la libération des prisonniers. Ces exigences reflètent leur volonté inébranlable de défendre leur dignité et leur droit à l’autodétermination. La communauté internationale, bien qu’appelée à agir, semble paralysée alors que certains pays se sont rendus complices dans l’injustice faite aux palestiniens qui dure depuis plus de 75 ans.
Le peuple palestinien ne peut attendre indéfiniment que la communauté internationale prenne ses responsabilités. Les bombardements et les blocus sioniste constituent des crimes de guerre clairs. Si la paix dans la région doit devenir réalité, elle passera inévitablement par la reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien. Ghaza, comme le Liban, incarne cette résistance et rappelle au monde qu’une paix durable ne peut s’obtenir sans justice.
Djamel Hamdan
